jeudi 30 avril 2009

Fais du feu dans la cheminée



Eh bien oui! vous n'y croyiez plus, mais voilà enfin une petite mise à jour, après quatre mois de silence. Je n'ai pas d'excuses qui tiendraient la route, alors je ne vous en offrirai pas et je me contenterai de faire amende honorable à ceux qui voudront bien me pardonner.
Vous avez lu le titre de ce post. C'est bien vrai! je suis rentré sur mes terres, chez nous, avec ma femme Catherine, mère Courage, mes chats, mes amis, mes voisins, ma maison...Ça n'a pas été facile et ça ne le sera pas pour les mois à venir, puisque la maison n'est toujours pas adaptée, la piscine non plus, mon fauteuil manuel n'est pas encore arrivé, ma voiture n'est pas encore commandée, ma réadaptation n'est pas encore terminée (ce qui entraîne deux déplacements par semaine à Lucie-Bruneau), je soigne encore des plaies de lit, mon nouveau médecin a son bureau à Longueuil, les problèmes de santé sont toujours là (incontinences, insomnie, apnée, infections urinaires, embolies, lymphoedème, obésité, pour ne nommer que les pires), et la tête qui malheureusement n'est pas paralysée et qui doit gérer tout cela. Au moins une cinquantaine d'intervenants (oops, je viens de publier par erreur, je vais donc reprendre où j'en étais) à gérer: thérapeutes, agents d'indemnisation, médecins, infirmières, CLSC, psychologues, architectes, contracteurs, fournisseurs, école de conduite, SAAQ, RAMQ, préposés aux soins, CHSLD (pour l'hébergement temporaire et les douches), taxis et transport adapté, les assureurs, les travailleurs sociaux, et j'en oublie...
Bon! assez de Jérémiades, passons au grand, à l'immense bonheur que me procure ce retour à la maison. Catherine a fait du feu dans la cheminée (elle avait même remplacé la cheminée!), et malgré tous les petits pépins de ce retour un peu précipité, tout se passe merveilleusement bien. Quand j'aurai réussi à vaincre ces maudites insomnies (et peut-être le stress qui les sous-tend), je serai à même d'apprécier pleinement ma nouvelle vie et de la partager avec les miens.
Voilà pour l'actualité.
Pour résumer ce qui s'est passé au cours des 4 derniers mois:
J'ai quitté l'appartement de St-Zotique le 17 avril, après un séjour de 5 mois, lequel s'est avéré à la fois bénéfique et agréable. Le congé ne s'est pas fait sans quelques heurts, des demies vérités et des euphémismes aussi, des absences de réponses pourtant promises, des sprints de dernière heure... Mais Catherine a finalement puisé dans son courage proverbial (et dans son amour indéfectible) et m'a invité à prendre l'option 'maison'. Avec Clément, ils ont fait le déménagement.
Entretemps, il y  eu quelques petits ennuis de santé, qui m'ont amené à l'hôpital: embolie pulmonaire (à St-Luc), infection urinaire (Institut thoracique), gastroentérite (St-Luc), escarre sous la cheville gauche, insomnie et apnée (Intitut thoracique)...
J'ai reçu congé de la physiothérapie, de la travailleuse sociale et de la natation. On m'a dit que j'avais plafonné ou que j'avais atteint un plateau. Va pour la sémantique!
Anne est allé présenter son petit Joseph à sa famille française. La petite famille sejournera en France plus de 3 mois, jusqu'à fin juillet. Malgré de bons rhumes (ils nomment ça des rhinites là-bas), tout semble bien aller. Les photos ci-dessus sont du grand-père et de l'arrière-grand-mère. Bon séjour et heureux retour!
Le 16 juin, Clément ira à sa collation des grades. C'est un grand jour pour notre maître chimiste. Il aura gagné son combat contre ses profs et surtout sa santé. Félicitations, notre fiston, on t'aime tellement!
Ici, ça ira, on ne pendra pas les aristocrates du Cap St-Jacques. Nous avons plein d'aides, des amis précieux, des professionnels et des préposés qui nous bichonnent, et, peut-être, plein de lecteurs qui voudront réagir à ce message.
A revedercci tutti!


jeudi 25 décembre 2008

Joyeux Noel

Joyeux Noel à tous.
Voilà déjà  bientôt six semaines que je ne vous ai pas donné de nouvelles. Je m'en excuse. Comme 'a poor excuse is better than none', je vous dirai que ce n'est pas l'absence de nouvelles mais plutôt la surabondance d'activités qui se sont bousculées.
D'abord, il y a eu mon installation sur l'appartement de la rue St-Zotique, où je vis seul depuis le 18 novembre. L'apprentissage de l'autonomie n'est pas du gâteau. Il m'aura fallu près de 2 semaines pour vaincre le stress des nuits solitaires, dans un lit dont on ne peut pas sortir. Des insomnies de quatre, parfois six heures, c'est long et ça hypothèque la journée qui s'en vient.
Et puis, il y a les déplacements. Tous les jours, je dois compter deux déplacements vers Lucie-Bruneau: une demi-heure ou plus selon le temps d'attente et la météo. Avant la neige, il m'est arrivé quelque fois de faire le trajet en fauteuil: vingt minutes, mais un peu dur pour les fesses sur nos trottoirs du tiers-monde.
Et puis, il y a eu la reprise des séances de natation. Je suis en train de devenir un assez bon nageur. Allez voir sur U-Tube un tétraplégique qui nage un peu comme moi, en demandant: 'Quad swimming'. Quand Clément ou Pierre Éloi auront le temps, nous filmerons mes propres ébats pour vous les faire voir.
Ensuite et surtout, il y a eu ce voyage en Floride. Une semaine à notre condo en temps partagé.
L'appartement est accessible jusqu'au salon seulement, et la direction a fait montre d'une absence d'intérêt  à accommoder un tétraplégique, allant jusqu'à refuser de prendre la mesure des portes et des corridors. Mes thérapeutes de Lucie-Bruneau ont ramassé le bâton. Ils ont essayé de tout prévoir, de me préparer aux imprévus, eux qui savaient que c'était là toute une équipée. Dans une équipée, il y a nécessairement des coéquipiers: Catherine et Clément ont été de tous les instants, qui m'ont installé dans le sofa-lit du salon, qui m'ont aidé à monter à bord de l'avion (pas facile! croyez-moi), qui m'ont installé dans les restaurants, qui m'ont roulé jusqu'à la plage, qui m'ont amené à la piscine, qui m'ont mis au lit dans des conditions plus difficiles. et tutti quanti...  Somme toute, ce voyage n'aura certes pas été une vacance, surtout pour Catherine et Clément, mais une expérience, la preuve que nous pouvons le faire, la démonstration de notre capacité à résoudre les imprévus.
Et puis hier, notre cousin Hubert a reçu ce cadeau qu'il attendait depuis 68 ans assis dans un fauteuil roulant. Il est allé rejoindre sa mère. J'espère que l'éternité sera un joyeux Noel pour toi, Hubert. 

jeudi 27 novembre 2008

Beaucoup de nouvelles




Comme le titre vous l'indique, il s'est passé tellement de choses depuis les dernières semaines, que je n'ai pas eu le temps de vous tenir au parfum. (comme disait Shakespeare, a poor excuse is better than none.)
Il y a d'abord Joseph, dont j'annonçais la naissance. Eh bien ce gros gaillard est rentré à la maison avec sa maman, il a du apprendre à téter sa pitance et il se débrouille fort bien déjà, ajoutant une livre chaque semaine. Le vrai portrait de son grand-père! Joseph a eu la visite de sa grand-mère française, Gilda, venue passée une dizaine de jours au Canada pour faire connaissance avec sa descendance. Grand-père Albert suivra en janvier. Il ne faut quand même pas dépeupler la France!
Il y a aussi Pierre Éloi, qui a changé de job. Il est maintenant chez Legault, Joly et Ass., où il n'a vraiment pas le temps de chômer. Il est l'heureux père de Bones, une belle grosse Bouvier bernoise, qui prend beaucoup de place quand elle vient rendre visite à nos chattes timorées par ce monstre.
Il y a aussi Simone, ma marraine, qui a dû laisser son appartement pour aller vivre en résidence. Elle déménageait aujourd'hui, et c'est notre bon Clément qui a fait office de déménageur, sous les ordres de ses foremen, Guy et Ginette. Je lui souhaite encore longue vie, bien qu'à plus de 90 ans, elle a déjà pas mal rempli cette mission.
Et puis, il y a Normand, votre serviteur, qui a finalement emménagé dans son appartement de la rue St-Zotique, où je suis présentement seul occupant. Je reçois environ deux heures d'aide par jour, surtout pour le lever et le coucher, de même que pour les taches domestiques. Je  me lave seul, je fais mon curetage et mes cathétérismes seul, je prépare seul mes repas avec des ingrédients que j'achète moi-même, je fais ma lessive, je m'habille seul y compris les bas de compression. Un rêve, quoi!, pour ces dames qui voudraient bien un homme comme moi. Mais attention, ils sont livrables sans les jambes!
Tous les jours, je me rends en taxi à Lucie-Bruneau (non, ce n'est pas la fille de saint Bruno) pour y suivre mes thérapies. Mon ardeur et mon assiduité m'ont permis d'enfin passer mon permis de conduire. Il me reste encore à choisir et acheter un véhicule adapté pour prendre tout seul le volant. En aurais-je le courage? J'entreprendrai en janvier un programme nommé Parents+, dont il appert que je serai le premier grand-père à m'y inscrire. C'est un programme destiné aux parents handicapés ayant de jeunes bébés.
Je vous invite à venir me visiter au 2100 St-Zotique, juste en face de la caserne de pompiers. Mais prévenez-moi, car je suis volage. Catherine passe plusieurs soirées avec moi, malgré son agenda chargé. Si vous voulez vous joindre au party, vous êtes bienvenue.
Côté santé, ça continue de s'améliorer. Il me reste à vaincre mon embonpoint et l'oedème aux membres inférieurs, deux problèmes probablement reliés. J'ai commencé aujourd'hui à prendre un diurétique. On verra bien ce que cela va donner.
Salutations à mes amis marguilliers de Ste-Geneviève, qui mènent un combat pour faire respecter leurs droits et leurs engagements. C'est toujours difficile et un peu ingrat de s'opposer aux gens de soutane, qui pourtant se sont engagés pour les mêmes valeurs.
Salutations aussi à Gilbert Patenaude, qui fêtait la semaine dernière son trentième anniversaire à la barre musicale des Petits Chanteurs du Mont-Royal. J'étais partie de la fête, comme vous le verrez sur cette photo avec Ginette Fontaine, mon successeur à la présidence. Longue vie à tous!
Enfin, le spectacle gala de Lucie-Bruneau (mais non, mais non, ce n'est pas la soeur de saint Bruneau ni la fondatrice de la ville qui porte son nom, je vous l'ai déjà dit!, mais je vous parlerai un de ces jours de cette femme extraordinaire) a eu lieu le 25 novembre. Cette soirée s'est déroulée parfaitement et a permis d'amasser plus de 100 000 $ pour la Fondation. Merci à tous mes lecteurs qui ont participé financièrement ou par leur présence à cette belle réussite.


vendredi 7 novembre 2008

jeudi 6 novembre 2008

L'année zéro: bienvenue Joseph

Ce matin, le bonheur était palpable quand Catherine et Clément sont passés à Lucier-Bruneau en route vers la Cité de la Santé. Catherine était radieuse, selon tous ceux qui l'ont vue ce matin. Pourtant, la nuit avait été courte. Cette corroboration unanime me convainc qu'il y avait quelque chose de spécial, car moi je la trouve toujours radieuse. Par contre, il y a longtemps que je n'avais pas vu Clément flotter sur un nuage comme ce matin. Vienne le jour où ce sera son fils qui l'amènera encore plus haut dans les nuages. Caroline et Pierre Eloi étaient aussi aux aguets, eux qui ont déjà vécu l'expérience de l'entrée dans leur vie de leur fille Bones.
Quand au papa et à la maman, je ne leur ai pas beaucoup parlé, mais je sais qu'ils ont vécu ces moments magiques dans leur  intimité de couple, dans ce bonheur qui doit se vivre à deux une dernière fois, puisque désormais c'est à trois que se conjugueront les événements de leur vie.

Tout cela pour vous annoncer qu'il est arrivé, notre joueur de foot de 9 livres (4 kilos et des poussières pour le monde de l'autre côté de la mer), notre petit-fils, arrière-petit-fils de grand-mère Colette, qui porte seule le flambeau de sa génération, au nom des arrières-grands pères Normand et Richard, et de Marie, qui restera toujours "grand-mère Marie", comme elle se définissait elle-même. Grand-mère, je vois couler vos larmes de joie, j'entends les douces berceuses que vous avez chantées à vos enfants et que vous chantiez encore à nos enfants, je touche ces cheveux blancs comme neige mais chauds comme des cendres, je sais que vous respirez avec nous ces odeurs humides d'automne, et j'entends déjà en même temps que vous ces pleurs de bébé, ces premiers balbutiements qui, un jour prochain,  diront maman et papa... Tous nos sens sont en fête, y compris ce sixième sens redoutable que vous avez légué à "grand-mère Catherine".
Et les autres grands-parents, de l'autre côté de l'océan qui vient encore de rétrécir, écrivez-nous afin que nous partagions avec vous vos émotions. Il n'y a pas encore deux ans, alors que j'étais encore sur mes jambes, Albert, Gilda, Catherine et moi ont tour à tour souhaité cette progéniture. Ça ne s'est pas fait sans peine, avec quelques cahots sur la route, mais nous y sommes. "Tu enfanteras dans la douleur", mais aussi dans l'allégresse.

Et cette année verra bientôt un autre enfantement, celui d'une thèse de doctorat sur laquelle le papa bûche depuis des années. Tout seul dans son bureau (ou plutôt ses bureaux), en dehors des chemins battus, il faut beaucoup de détermination pour terminer ce travail de moine. Allez! Nicolas, un dernier effort!

Ici, à Lucie-Bruneau, loin des feuilles qui frémissent comme la Bourse, loin des saisons, loin des campagnes électorales, loin des bouchons de circulation, loin de chez moi, loin de ma famille, même un peu loin de Dieu, j'aurai vécu cette journée magique comme on vit un tour de magie, loin de la scène, le cou étiré, sans trop comprendre, mais émerveillé. Emerveillé de constater tout ce qu'il reste encore sur cette grande table qu'est la vie. Oui! oui!, la vita è bella.

Avez-vous remarqué que dans le mot vieillir, il y a le mot vie?

Merci mon Dieu, merci à vous tous qui m'avez supporté ou qui avez prié pour moi, merci à ce "grand corps malade" qui a passé à  travers  plus de misères qu'il ne s'en était commandé et qui m'a permis de vivre ces moments. Merci à cette vieille tête un peu bourrue, toujours contestataire, qui a su gérer sa nouvelle condition. Merci, maman, de m'avoir transmis cette vie qui continue de se transmettre. Merci, Catherine, de m'avoir choisi pour cette oeuvre grandiose. Merci Anne et Nicolas, mes enfants, et merci Joseph pour ces années de bonheur que tu me promets. 

P.S. si Clément a pu prendre quelques photos de ce prodige, nous les partagerons avec vous, chers blogueurs.

vendredi 31 octobre 2008

Au revoir, tante Cécile


Lundi le 27 octobre 2008, ma vieille tante Cécile nous a quitté pour un monde meilleur, après s'être agrippée à la vie pendant de longues années, suite à une malencontreuse chute. Mes condoléances à toute sa famille, y compris ses arrières-petits-enfants. Je les verrai ce soir au salon funéraire.

Cette semaine, j'ai finalement passé mon test de conduite automobile, après 6 leçons. À dix-sept ans, j'avais passé le test pratique sans avoir jamais suivi de leçon no touché un volant. Faut croire que les pieds peuvent servir à autre chose qu'à botter des culs.

M'étant débarrassé du microbe SARM, j'ai pu reprendre mes activités, notamment au gymnase et à la piscine, où je nage comme un poisson dans l'eau (ils n'ont pas de jambes eux non plus) ! Mon déménagement à l'appartement de transition de la rue deLorimier semble imminent. Tous les intervenants ne travaillent qu'à ça. La date butoir serait le 17 novembre.

Et puis, on attend toujours Joseph... 


lundi 20 octobre 2008

Joyeux anniversaire, Catherine!

D'abord un erratum: le 3 octobre dernier, c'était le 91e anniversaire naissance de mon père, et non pas le 81e. Puis, le 16 octobre suivant, c'était le 65e anniversaire de son mariage avec Colette.

Depuis la visite des parties impliquées dans l'adaptation de la maison, il ne s'est passé aucun nouvel événement. Nous sommes donc en mode attente, ce qui ne nous empêche pas de  nous laisser trotter dans la tête d'autres idées d'aménagement. Les travaux extérieurs sont pratiquement terminés; nous serons prêts pour l'hiver.

Le weekend au Sheraton a été plus difficile que nous l'espérions. Malgré que l'hôtel nous avait donné une suite adaptée, le lit était trop haut et ne permettait pas l'usage du lève-personne, ce qui a rendu les transferts très difficiles. En outre, il était trop mou, ce qui a rendu mon sommeil difficile. Mais le principal problème aura été la fameuse machine CPAP, qui me 'garochait' de l'air à 20 k/pa avec sifflements et bruits de trompette. Le nouvel ajustement, qui avait pourtant fonctionné la veille à la maison, m'a complètement coupé le sommeil, même après que j'aies tout fermé (sauf les yeux...). À quatre heures du matin, Catherine et moi avons lancé la serviette et j'ai réintégré Lucie-Bruneau tôt le matin, en m'exclamant "Home sweet home", ce qui ne manqua pas de faire sourire ma tendre moitié.

Il faut regarder les choses avec optimisme: si le weekend n'a pas été de tout repos pour la jubilaire et son grabataire, c'était tout de même mieux que celui de l'année précédente aux soins intensifs, et il nous aura permis d'apprendre pour notre prochaine équipée. Et puis le brunch avec les enfants, le souper de la veille ont été, ma foi, fort agréables. Alors, joyeux anniversaire, ma chère Catherine! Merci de ta présence.

P.S. N'oubliez pas de lire le message précédent, écrit la semaine dernière mais publié seulement aujourd'hui, suite à des difficultés techniques.

mardi 14 octobre 2008

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ?

NDLR. La semaine dernière, en voulant vérifier l'orthographe d'un mot, J'ai "zapper" mon texte. Il m'aura fallu une semaine pour découvrir qu'il n'était pas disparu, mais que'il s'était réfugié avec les brouillons. Voilà donc ce brouillon rescapé des eaux comme le fut Moïse. 

Veuillez excuser ce silence prolongé. Il faut croire que je n'avais pas grand chose à dire. Sorte de poète dont l'inspiration s'est asséchée. Ou encore de grand bavard qui a perdu son inspiration.
Pourtant, ma muse est toujours là. Elle m'attend tous les weekends à la maison, vient me visiter presque tous les jours, m'apporte de la bouffe, me chante ou me siffle l'air qu'elle me jouera au piano le prochain samedi. Merveilleuse Catherine !
Bébé Joseph se porte bien. Sa mère cherche de plus en plus les chaises et les fauteuils. Encore trois semaines et je serai pépé. Le bonheur est déjà palpable.
Les travaux sur le terrain ont tellement avancé que même mon ami Claude Cyr, plus porté à remarquer son ombilic, s'est exclamer d'admiration. Luc a retrouvé sa meilleure forme et a eu assez du long weekend pour bâtir une marquise à la grange, que nous transformerons en garage pour l'hiver. Léopold Pilon continue de faire flèche de tout bois et achève l'installation de la clôture autour de la piscine, avec le concours des Robitaille.
Beaucoup de visiteurs sont passés nous saluer: Claude Cyr, Michèle Dupuis, Jacques et Marie Gauthier. Vendredi soir, la famille Talbot a souligné le 50e anniversaire de son benjamin, le beau Claude, toujours aussi svelte et élégant malgré toutes ces années qui s'empilent, et les petits ennuis de santé. La veille, j'avais dîné au restaurant avec Catherine et Clément, tandis que mardi, c'est la famille Clément qui se réunissait pour souligner le passage à Montréal de Julia (from British Columbia).
Je suis allé à la messe à Ste-Geneviève, avec mes complices habituels, Catherine et Clément. En plus d'y avoir rencontré plein de monde, j'ai fait la connaissance de l'abbé Labossière et j'ai parlé (assez longuement) avec le curé Jean Boyer. C'était la première fois que j'échangeais plus que de simples civilités.
Aujourd'hui, les élections, mais j'ai déjà voté par anticipation le weekend dernier. (Mais non, je ne vous dirai pas pour qui j'ai voté. J'aime trop les politiciens, et surtout les politiciennes pour risquer de m'en faire des ennemis.) Demain, dernier cours de conduite avant le test routier pour obtenir le permis de conduite manuelle. Après demain, sortie au Medley pour le show annuel de l'Association des paraplégiques du Québec (dont vous ne souhaitez pas nécéssairement devenir membre). Vendredi, départ pour la maison, avec arrêt à Pointe-Claire pour ajuster mon appareil CPAP pour l'apnée du sommeil. De samedi à lundi, Catherine et moi irons fêter son anniversaire au Centre Sheraton, brunch le dimanche avec la famille. 

lundi 29 septembre 2008

Enfin un bon weekend

Après une semaine où les petits ennuis de santé se sont résorbés, voilà que, vendredi dernier, nous avions la visite de tous les VIP qui doivent donner leur aval aux diverses adaptations à faire à notre maison du Cap St-Jacques.
Il y avait des représentants de la SAAQ, du Ministère des Affaires culturelles, de Lucie-Bruneau, l'architecte, Catherine et moi. Tous ces gens doivent se mettre d'accord sur les transformations à faire: salle de bain adaptée, cuisine adaptée, entrées et rampes, chambre à coucher, garage, etc. Il reste encore du travail, mais je crois bien que le dossier aura avancé. Je vous tiendrai au courant de la suite des choses.
Rendu à la maison, j'avais décidé d'y rester jusqu'à dimanche soir. Ce fut certes mon meilleur séjour depuis mon accident. Quelques petites incontinences, réglées dans le calme, un meilleur sommeil, moins de pluie que prévu, des travaux qui avancent bien sur le terrain, de nouvelles idées qui se brassent, bref je recommence à avoir hâte de rentrer au bercail. Au fait, j'y serai pour cinq jours la fin de semaine des élections.
Et vous, chers lecteurs, comment ça va? Ecrivez moi! C'est facile, il suffit de presser le bouton 'commentaire' et vous écrivez ce qui vous vient à l'esprit. Il n'y a pas d'amende pour les fautes.
Après demain, dernière leçon de conduite avant le test routier. Désormais, nos routes seront plus dangereuses.
Ah oui j'oubliais! J'ai finalement reçu mon nouveau fauteuil motorisé, tout neuf.

P.S. Le 3 octobre, ce sera le 81e anniversaire de mon papa. Et puis, quelques semaines plus tard, le 0e anniversaire de son arrière-petit-fils, Junior Pochet

jeudi 18 septembre 2008

13 mois au plumard

Demain, ça fera 13 mois que je suis confiné à une chambre d'hôpital. Le pire, c'est qu'on s'y fait.
D'autre part, la santé va mieux. Les diarrhées semblent arrêtées. Au gym, je progresse très vite. Un peu plus lentement à la physio, mais ça viendra. Les cours de conduite ont aussi repris; ce n'est pas si évident, après 45 ans de conduite 'normale', d'apprendre à faire tous ces gestes un peu automatiques sans les pieds. Par contre, pas de piscine puisque j'ai ramené de mon bref séjour à l'hôpital St-Luc un test positif au SARM. J'ai repris pour au moins 6 mois un traitement aux anti-coagulants, afin de réduire les embolies qui apparaissent aux poumons. La bonne nouvelle, c'est que ces embolies ne se sont pas logées dans les alvéoles. Par ailleurs, je dors depuis une semaine avec un appareil (CPAP) d'assistance à la respiration, afin de contrer l'apnée du sommeil qui a été diagnostiquée plus tôt. Je commence à m'habituer au masque, mais les résultats se font encore attendre; on prévient qu'il faut parfois quelques semaines. C'est à suivre. 

En tapant ces lignes, j'écoute une radio qui s'appelle Chanteurs.org, sur iTunes, et c'est Tino Rossi qui chante une chanson que mon père fredonnait en s'affairant à son atelier. Eh bien, bonjour papa, tu es toujours avec nous!

Il semble que les planètes s'alignent pour que je passe le weekend à la maison. Ce sera ma première visite depuis quelques semaines, et la météo semble vouloir collaborer. La semaine prochaine, les gens de la SAAQ, des Affaires culturelles, l'architecte et l'ergothérapeute viendront visiter la maison, afin de lancer enfin les travaux d'adaptation à la maison. Je vous tiendrai au courant. La semaine prochaine, c'est aussi l'entrée en vigueur du calendrier d'automne, dont je vous ai parlé lors de la dernière mise à jour.

SOIRÉE BÉNÉFICE DE LA FONDATION LUCIE-BRUNEAU

On m'a fait l'honneur de me nommer au Comité des gouverneurs de la fondation. Dans le cadre de la campagne de financement annuelle, la Fondation a organisé une soirée-bénéfice, sous la présidence d'honneur de M. Gaston L'Heureux, mon ami et mon voisin ici, à Lucie-Bruneau. La soirée aura lieu le 25 novembre 2008, au Centre Leonardo da Vinci, 8370 boulevard Lacordaire. Après une cocktail-dinatoire avec vins et fromages, il y aura un spectacle donné par Sylvain LeMay et Florence K., laquelle interprétera les chanson de son dernier CD, intitulé Bossa Blue, récipiendaire de nombreux prix.
Le prix d'un billet à cette soirée très éclectique est de 225 $, avec reçu d'impôt. Ceux qui ne peuvent pas assister peuvent faire un don (toujours avec reçu d'impôt) ou offrir un objet de valeur pour l'encan silencieux. Toute ma famille sera présente et nous serions heureux de vous y rencontrer. Si vous connaissez quelqu'un qui serait intéressé, n'hésitez pas à me le référer. Merci de m'aider à dire merci à Lucie-Bruneau.



lundi 15 septembre 2008

Joyeux anniversaire, Pierre Éloi


Hier, mon bébé a fêté son 27e anniversaire de naissance. Nous avions fêté Cet événement la veille, au salon de Lucie-Bruneau. Clément et Anne avaient tout orchestré: entrée de crevettes et autres "goodies", carré d'agneau (oui! oui!) qu'ils ont fait cuire sur place, et le traditionnel gâteau de fête. Un party vraiment réussi, compte tenu que j'étais retenu à ma chambre par un problème de plomberie qui a duré plusieurs jours.

Tout le monde sait combien ça peut être embêtant une diarrhée, mais vous ne pouvez qu'imaginer ce que c'est quand on  est paralysé et que ça se passe dans le lit. Je vous fais grâce des détails, mais je tiens à souligner le grand dévouement des préposés de Lucie-Bruneau.

D'autre part, le calendrier d'automne commencera lundi le 22. Je me suis inscrit à presque toutes les activités offertes: classes de tam-tam, programme parents-plus (pour futurs grand-pères), classes d'exercices, relaxation, piscine, cours de conduite automobile et classes de santé. Tout cela s'ajoute aux thérapies régulières: physio, ergo, gymnase, psychologie, etc. Les journées sont "bookées" mur-à-mur, mais je suis libre à partir de 17h tous les jours. 

On m'a demandé de me joindre au bureau des gouverneurs de la Fondation Lucie-Bruneau, laquelle organise un spectacle-bénéfice en novembre. Si vous êtes intéressé à y assister, faites-moi signe. La soirée promet d'être agréable et ça vient avec un reçu d'impôt.

Sur cette petite pub, je vous salue tous.

P.S. Une photo récente du jubilaire. J'ai appris aujourd'hui comment joindre une photo à ce blog. Merci, Clément!







samedi 6 septembre 2008

Quelques petites misères

Samedi, 6 septembre

Weekend passé à Lucie-Bruneau, cause: sérieuse diarrhée, surtout mercredi et jeudi, mais pas de chance à prendre.

Cette histoire m'a fait raté mon r/v pour ajuster la machine qui contrôlera mon apnée du sommeil, ainsi que mes r/v pour le permis de conduire. Tout cela ira à la semaine prochaine.
Aujourd'hui, ça va mieux pour le va-vite, mais beaucoup d'insomie (à partir de 3 h am). Y'a toujours un bon côté aux petites misères: J'ai perdu au moins 7 livres. Le travail sera de ne pas les reprendre.

Côté progéniture, Joseph ou Stan ou Junior (le choix n'est pas encore arrêté) a effectué sa culbute et il est déjà prêt à affronter ce monde. Date prévue, le 2 novembre. La grossesse se passe bien. Mes cours de grand-père tétraplégique devraient commencé le 3 octobre (oui, le jour de  l'anniversaire de l'arrière-grand-père).

Parlant de Normand Sr, après avoir écrit le petit texte du 28 août, je suis parti tout seul sur un "nowhere" avec mon motorisé, et après 1h45 de trajet, je suis allé déposé une petite gerbe de fleurs cueillies le long du boulevard St-Joseph. Il y en avait une pour mon frère Robert, et une pensée pour la belle France, dont le nom inscrit sous celui de Robert nous rappelle leur grand amour. Revenu en taxi, car je craignais manquer de jus.

Je ne mentionne pas toujours mes visiteurs, car j'aurais peur d'en oublier. Mais pour faire changement, mentionnons les visites récentes de Benoit Séguin, Pierre et Madeleine, ma soeur Françoise, Claude venu avec Colette et Marguerite, Raymond, Patrick McClaughlin, Claude Cyr, Pierre Poupart, Anne et Nicolas, Pierre Eloi et Caroline, etc. J'en oublie plusieurs et je m'en excuse, mais je n'oublie pas Catherine et Clément. 

Catherine ne rate pratiquement pas une journée, vient manger avec moi des plats qu'elle a préparés, met de l'ordre dans ma chambre, m'apporte le journal, rencontre le médecin, m'accompagne aux hôpitaux, me reçoit à la maison quand ma santé le permet, organise les horaires, fait les téléphones, et j'en oublie plus que je n'en ai mentionné. Je ne sais pas toujours dire merci; je suis parfois somnolent, irritable, peu souriant, mais elle continue de prendre soin sans relâche de son "gros bébé". Je sais aussi qu'elle prie pour moi. Merci, Catherine, merci!

Clément est mon chauffeur, mon préposé, mon ange gardien. Il m'apporte à dîner presque tous les soirs de la semaine (des plats qu'il n'a pas cuisinés), après sa journée de travail. Calme, pacifique et pacifiant, il a le don d'expliquer, de comprendre, d'apaiser. Quand les mots ne suffisent plus, il saura se taire ou tomber dans son verbiage comique, ses imitations, qui réussissent toujours à détendre les situations. Il s'occupe aussi de sa mère, de la maison, du bureau, des autos, de ses amis les chats, des finances, avec l'aide de Anne, Nicolas, Pierre Éloi et Caro. Il a même trouvé le temps d'aller voir sa grand-mère dans son nouvel appartement. Merci, Clément!


jeudi 28 août 2008

Papa, 20 ans déjà

Le 28 août 1988, notre petite famille perdait l'être le plus important de nos vies. Il est parti comme il avait vécu, tout doucement, avec sa tristesse et sa résignation pour seuls avertissements.
Papa, comme j'aurais voulu être au cimetière aujourd'hui pour te dire tout notre amour, pour te demander encore de nous aider. Va dire à tes enfants qu'ils doivent s'unir, s'aimer, s'aider comme tu as su si bien le faire. Et prie pour ta femme, qui t'aura survécu plus de 20 ans, mais qui a encore besoin de ta présence.
Mes frères et ma soeur, partageons ce deuil comme papa l'aurait souhaité, l'aurait exigé: dans la paix, l'amour et l'harmonie. Vous souvenez-vous que j'ai hérité, à titre d'aîné, du privilège de vous accorder la bénédiction paternelle. Ces dernières années n'ont pas été propices à cette tradition, mais aujourd'hui, j'ai reçu un ordre de papa: Au nom du Père, du Fils et du St-Esprit, je vous bénis...

mercredi 27 août 2008

Petit sejour a l'hopital

Ce message sera court, car je suis présentement alité, au retour d'un bref séjour de 2 jours à l'urgence de l'hopital St-Luc.
Dimanche en soirée, je me sentais le souffle court et on a vérifié que mon taux de saturation était trop bas. J'ai donc passé la nuit avec un support d'oxygène. Au matin, afin d'éliminer l'hypothèse de la pneumonie, on m'a envoyé passé un RX. Mais voilà que j'ai passé par le 911, qui m'ont "livré" à St-Luc, qui se sont livrés à une investigation complète. RX négatif, Doppler négatif, Apnée du sommeil non concluant, c'est finalement au scan nucléaire qu'on a décelé des embolies, peut-être des restes des phlébites de l'hiver dernier.
Retour au Coumadin pour au moins 6 mois, une semaine au repos, pas trop de visites d'ici la fin de semaine. On se reparlera d'ici là.