Comme je vous le disais précédemment, Normand s'est fait retirer sa trachéo lundi. Clément était avec lui en ce jeudi et m'a fait part d'un certain nombre de nouvelles. On lui a retiré son pansement de trachéo aujourd'hui, afin de laisser respirer la blessure pour favoriser la cicatrisation. Demain, Normand devrait se faire retirer le «peg» qui permettait d'envoyer de la nourriture directement à son estomac, puisqu'il ne lui sert plus à rien depuis déjà un bon bout de temps. Il s'agit d'une opération assez simple, mais elle nécessite un jeûne de quelques heures avant et après l'intervention et demande la présence du gastro-entérologue non loin de l'«opéré» après le retrait du «peg» durant quelques heures également au cas où des complications surviendraient. Toutes ces interventions devraient faciliter l'admission de Normand au centre de réadaptation. En effet, ces étapes sont de préférence faites lors du séjour en hôpital, puisque pratiquer de telles interventions après l'intégration en centre de réadaptation nécessiterait des allées et retour que les professionnels du domaine de la santé cherchent à éviter.
Sur la plan des soins réguliers, depuis mercredi, Normand va au gym de l'hôpital où il peut s'asseoir sur une surface plus dure que celle offerte par son matelas pneumatique dans sa chambre (le matelas servant à limiter les plaies de lit), ce qui lui donne une plus grande facilité de mouvement. La préparation pour le gym est complexe: on doit retirer d'abord les «bottes» qui permettent de maintenir ses jambes en place. Ensuite, il faut retirer les appareils qui servent à favoriser la circulation du sang dans ses jambes afin d'éviter les caillots. On remplace ces appareils par des bas supports, moins efficaces, mais plus commodes qu'un appareil électrique pour se mouvoir. Ces bas vont jusqu'au milieu des cuisses. Normand doit également enfiler un pantalon et un tee-shirt, ce qui est nettement plus complexe pour une personne paralysé, vous vous en doutez, et finalement, on doit l'asseoir dans une chaise pour permettre son transport au gym, ce qui parfois donné lieu à des situations compliquées, notamment des chutes de pression et une perte de connaissance (une seule fois).
Pour ce qui touche le moral, le message écrit plus tôt cette semaine montre bien que notre père se porte assez bien. Il est certes un peu sensible en ce moment et devient parfois las de passer ses journées dans une chambre bien morne, malgré les efforts de notre mère pour l'égayer et la personnaliser un peu. Évidemment, plus sa santé s'améliore, moins les médecins le visitent: ne pas voir de docteur (sauf si c'est un ami, ça va de soi) est plutôt une bonne chose, mais ce ballet incessant de médecins qui viennent vous ausculter lorsque vous souffrez d'un trouble sérieux a comme rare (sinon unique) avantage de faire passer le temps... On ne se plaindra évidemment pas de leur absence, puisqu'elle signifie certainement que Normand se porte mieux. Il semble cependant de plus en en plus logique que Normand, dans quelques jours ou plus vraisemblablement, dans quelques semaines, commence une autre étape, laquelle viendra, cela va de soi, avec de nouvelles inquiétudes et de nombreux efforts à fournir. Il est certain que tout cela est conditionnel à un état de santé généralement bon de notre père, toujours impossible à garantir en hôpital... Nous prenons la vie un jour à la fois, heureux de passer du temps avec notre père et conscients de la chance que nous avons de le faire et continuons d'espérer pour le mieux.
jeudi 22 novembre 2007
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