jeudi 25 décembre 2008

Joyeux Noel

Joyeux Noel à tous.
Voilà déjà  bientôt six semaines que je ne vous ai pas donné de nouvelles. Je m'en excuse. Comme 'a poor excuse is better than none', je vous dirai que ce n'est pas l'absence de nouvelles mais plutôt la surabondance d'activités qui se sont bousculées.
D'abord, il y a eu mon installation sur l'appartement de la rue St-Zotique, où je vis seul depuis le 18 novembre. L'apprentissage de l'autonomie n'est pas du gâteau. Il m'aura fallu près de 2 semaines pour vaincre le stress des nuits solitaires, dans un lit dont on ne peut pas sortir. Des insomnies de quatre, parfois six heures, c'est long et ça hypothèque la journée qui s'en vient.
Et puis, il y a les déplacements. Tous les jours, je dois compter deux déplacements vers Lucie-Bruneau: une demi-heure ou plus selon le temps d'attente et la météo. Avant la neige, il m'est arrivé quelque fois de faire le trajet en fauteuil: vingt minutes, mais un peu dur pour les fesses sur nos trottoirs du tiers-monde.
Et puis, il y a eu la reprise des séances de natation. Je suis en train de devenir un assez bon nageur. Allez voir sur U-Tube un tétraplégique qui nage un peu comme moi, en demandant: 'Quad swimming'. Quand Clément ou Pierre Éloi auront le temps, nous filmerons mes propres ébats pour vous les faire voir.
Ensuite et surtout, il y a eu ce voyage en Floride. Une semaine à notre condo en temps partagé.
L'appartement est accessible jusqu'au salon seulement, et la direction a fait montre d'une absence d'intérêt  à accommoder un tétraplégique, allant jusqu'à refuser de prendre la mesure des portes et des corridors. Mes thérapeutes de Lucie-Bruneau ont ramassé le bâton. Ils ont essayé de tout prévoir, de me préparer aux imprévus, eux qui savaient que c'était là toute une équipée. Dans une équipée, il y a nécessairement des coéquipiers: Catherine et Clément ont été de tous les instants, qui m'ont installé dans le sofa-lit du salon, qui m'ont aidé à monter à bord de l'avion (pas facile! croyez-moi), qui m'ont installé dans les restaurants, qui m'ont roulé jusqu'à la plage, qui m'ont amené à la piscine, qui m'ont mis au lit dans des conditions plus difficiles. et tutti quanti...  Somme toute, ce voyage n'aura certes pas été une vacance, surtout pour Catherine et Clément, mais une expérience, la preuve que nous pouvons le faire, la démonstration de notre capacité à résoudre les imprévus.
Et puis hier, notre cousin Hubert a reçu ce cadeau qu'il attendait depuis 68 ans assis dans un fauteuil roulant. Il est allé rejoindre sa mère. J'espère que l'éternité sera un joyeux Noel pour toi, Hubert. 

jeudi 27 novembre 2008

Beaucoup de nouvelles




Comme le titre vous l'indique, il s'est passé tellement de choses depuis les dernières semaines, que je n'ai pas eu le temps de vous tenir au parfum. (comme disait Shakespeare, a poor excuse is better than none.)
Il y a d'abord Joseph, dont j'annonçais la naissance. Eh bien ce gros gaillard est rentré à la maison avec sa maman, il a du apprendre à téter sa pitance et il se débrouille fort bien déjà, ajoutant une livre chaque semaine. Le vrai portrait de son grand-père! Joseph a eu la visite de sa grand-mère française, Gilda, venue passée une dizaine de jours au Canada pour faire connaissance avec sa descendance. Grand-père Albert suivra en janvier. Il ne faut quand même pas dépeupler la France!
Il y a aussi Pierre Éloi, qui a changé de job. Il est maintenant chez Legault, Joly et Ass., où il n'a vraiment pas le temps de chômer. Il est l'heureux père de Bones, une belle grosse Bouvier bernoise, qui prend beaucoup de place quand elle vient rendre visite à nos chattes timorées par ce monstre.
Il y a aussi Simone, ma marraine, qui a dû laisser son appartement pour aller vivre en résidence. Elle déménageait aujourd'hui, et c'est notre bon Clément qui a fait office de déménageur, sous les ordres de ses foremen, Guy et Ginette. Je lui souhaite encore longue vie, bien qu'à plus de 90 ans, elle a déjà pas mal rempli cette mission.
Et puis, il y a Normand, votre serviteur, qui a finalement emménagé dans son appartement de la rue St-Zotique, où je suis présentement seul occupant. Je reçois environ deux heures d'aide par jour, surtout pour le lever et le coucher, de même que pour les taches domestiques. Je  me lave seul, je fais mon curetage et mes cathétérismes seul, je prépare seul mes repas avec des ingrédients que j'achète moi-même, je fais ma lessive, je m'habille seul y compris les bas de compression. Un rêve, quoi!, pour ces dames qui voudraient bien un homme comme moi. Mais attention, ils sont livrables sans les jambes!
Tous les jours, je me rends en taxi à Lucie-Bruneau (non, ce n'est pas la fille de saint Bruno) pour y suivre mes thérapies. Mon ardeur et mon assiduité m'ont permis d'enfin passer mon permis de conduire. Il me reste encore à choisir et acheter un véhicule adapté pour prendre tout seul le volant. En aurais-je le courage? J'entreprendrai en janvier un programme nommé Parents+, dont il appert que je serai le premier grand-père à m'y inscrire. C'est un programme destiné aux parents handicapés ayant de jeunes bébés.
Je vous invite à venir me visiter au 2100 St-Zotique, juste en face de la caserne de pompiers. Mais prévenez-moi, car je suis volage. Catherine passe plusieurs soirées avec moi, malgré son agenda chargé. Si vous voulez vous joindre au party, vous êtes bienvenue.
Côté santé, ça continue de s'améliorer. Il me reste à vaincre mon embonpoint et l'oedème aux membres inférieurs, deux problèmes probablement reliés. J'ai commencé aujourd'hui à prendre un diurétique. On verra bien ce que cela va donner.
Salutations à mes amis marguilliers de Ste-Geneviève, qui mènent un combat pour faire respecter leurs droits et leurs engagements. C'est toujours difficile et un peu ingrat de s'opposer aux gens de soutane, qui pourtant se sont engagés pour les mêmes valeurs.
Salutations aussi à Gilbert Patenaude, qui fêtait la semaine dernière son trentième anniversaire à la barre musicale des Petits Chanteurs du Mont-Royal. J'étais partie de la fête, comme vous le verrez sur cette photo avec Ginette Fontaine, mon successeur à la présidence. Longue vie à tous!
Enfin, le spectacle gala de Lucie-Bruneau (mais non, mais non, ce n'est pas la soeur de saint Bruneau ni la fondatrice de la ville qui porte son nom, je vous l'ai déjà dit!, mais je vous parlerai un de ces jours de cette femme extraordinaire) a eu lieu le 25 novembre. Cette soirée s'est déroulée parfaitement et a permis d'amasser plus de 100 000 $ pour la Fondation. Merci à tous mes lecteurs qui ont participé financièrement ou par leur présence à cette belle réussite.


vendredi 7 novembre 2008

jeudi 6 novembre 2008

L'année zéro: bienvenue Joseph

Ce matin, le bonheur était palpable quand Catherine et Clément sont passés à Lucier-Bruneau en route vers la Cité de la Santé. Catherine était radieuse, selon tous ceux qui l'ont vue ce matin. Pourtant, la nuit avait été courte. Cette corroboration unanime me convainc qu'il y avait quelque chose de spécial, car moi je la trouve toujours radieuse. Par contre, il y a longtemps que je n'avais pas vu Clément flotter sur un nuage comme ce matin. Vienne le jour où ce sera son fils qui l'amènera encore plus haut dans les nuages. Caroline et Pierre Eloi étaient aussi aux aguets, eux qui ont déjà vécu l'expérience de l'entrée dans leur vie de leur fille Bones.
Quand au papa et à la maman, je ne leur ai pas beaucoup parlé, mais je sais qu'ils ont vécu ces moments magiques dans leur  intimité de couple, dans ce bonheur qui doit se vivre à deux une dernière fois, puisque désormais c'est à trois que se conjugueront les événements de leur vie.

Tout cela pour vous annoncer qu'il est arrivé, notre joueur de foot de 9 livres (4 kilos et des poussières pour le monde de l'autre côté de la mer), notre petit-fils, arrière-petit-fils de grand-mère Colette, qui porte seule le flambeau de sa génération, au nom des arrières-grands pères Normand et Richard, et de Marie, qui restera toujours "grand-mère Marie", comme elle se définissait elle-même. Grand-mère, je vois couler vos larmes de joie, j'entends les douces berceuses que vous avez chantées à vos enfants et que vous chantiez encore à nos enfants, je touche ces cheveux blancs comme neige mais chauds comme des cendres, je sais que vous respirez avec nous ces odeurs humides d'automne, et j'entends déjà en même temps que vous ces pleurs de bébé, ces premiers balbutiements qui, un jour prochain,  diront maman et papa... Tous nos sens sont en fête, y compris ce sixième sens redoutable que vous avez légué à "grand-mère Catherine".
Et les autres grands-parents, de l'autre côté de l'océan qui vient encore de rétrécir, écrivez-nous afin que nous partagions avec vous vos émotions. Il n'y a pas encore deux ans, alors que j'étais encore sur mes jambes, Albert, Gilda, Catherine et moi ont tour à tour souhaité cette progéniture. Ça ne s'est pas fait sans peine, avec quelques cahots sur la route, mais nous y sommes. "Tu enfanteras dans la douleur", mais aussi dans l'allégresse.

Et cette année verra bientôt un autre enfantement, celui d'une thèse de doctorat sur laquelle le papa bûche depuis des années. Tout seul dans son bureau (ou plutôt ses bureaux), en dehors des chemins battus, il faut beaucoup de détermination pour terminer ce travail de moine. Allez! Nicolas, un dernier effort!

Ici, à Lucie-Bruneau, loin des feuilles qui frémissent comme la Bourse, loin des saisons, loin des campagnes électorales, loin des bouchons de circulation, loin de chez moi, loin de ma famille, même un peu loin de Dieu, j'aurai vécu cette journée magique comme on vit un tour de magie, loin de la scène, le cou étiré, sans trop comprendre, mais émerveillé. Emerveillé de constater tout ce qu'il reste encore sur cette grande table qu'est la vie. Oui! oui!, la vita è bella.

Avez-vous remarqué que dans le mot vieillir, il y a le mot vie?

Merci mon Dieu, merci à vous tous qui m'avez supporté ou qui avez prié pour moi, merci à ce "grand corps malade" qui a passé à  travers  plus de misères qu'il ne s'en était commandé et qui m'a permis de vivre ces moments. Merci à cette vieille tête un peu bourrue, toujours contestataire, qui a su gérer sa nouvelle condition. Merci, maman, de m'avoir transmis cette vie qui continue de se transmettre. Merci, Catherine, de m'avoir choisi pour cette oeuvre grandiose. Merci Anne et Nicolas, mes enfants, et merci Joseph pour ces années de bonheur que tu me promets. 

P.S. si Clément a pu prendre quelques photos de ce prodige, nous les partagerons avec vous, chers blogueurs.

vendredi 31 octobre 2008

Au revoir, tante Cécile


Lundi le 27 octobre 2008, ma vieille tante Cécile nous a quitté pour un monde meilleur, après s'être agrippée à la vie pendant de longues années, suite à une malencontreuse chute. Mes condoléances à toute sa famille, y compris ses arrières-petits-enfants. Je les verrai ce soir au salon funéraire.

Cette semaine, j'ai finalement passé mon test de conduite automobile, après 6 leçons. À dix-sept ans, j'avais passé le test pratique sans avoir jamais suivi de leçon no touché un volant. Faut croire que les pieds peuvent servir à autre chose qu'à botter des culs.

M'étant débarrassé du microbe SARM, j'ai pu reprendre mes activités, notamment au gymnase et à la piscine, où je nage comme un poisson dans l'eau (ils n'ont pas de jambes eux non plus) ! Mon déménagement à l'appartement de transition de la rue deLorimier semble imminent. Tous les intervenants ne travaillent qu'à ça. La date butoir serait le 17 novembre.

Et puis, on attend toujours Joseph... 


lundi 20 octobre 2008

Joyeux anniversaire, Catherine!

D'abord un erratum: le 3 octobre dernier, c'était le 91e anniversaire naissance de mon père, et non pas le 81e. Puis, le 16 octobre suivant, c'était le 65e anniversaire de son mariage avec Colette.

Depuis la visite des parties impliquées dans l'adaptation de la maison, il ne s'est passé aucun nouvel événement. Nous sommes donc en mode attente, ce qui ne nous empêche pas de  nous laisser trotter dans la tête d'autres idées d'aménagement. Les travaux extérieurs sont pratiquement terminés; nous serons prêts pour l'hiver.

Le weekend au Sheraton a été plus difficile que nous l'espérions. Malgré que l'hôtel nous avait donné une suite adaptée, le lit était trop haut et ne permettait pas l'usage du lève-personne, ce qui a rendu les transferts très difficiles. En outre, il était trop mou, ce qui a rendu mon sommeil difficile. Mais le principal problème aura été la fameuse machine CPAP, qui me 'garochait' de l'air à 20 k/pa avec sifflements et bruits de trompette. Le nouvel ajustement, qui avait pourtant fonctionné la veille à la maison, m'a complètement coupé le sommeil, même après que j'aies tout fermé (sauf les yeux...). À quatre heures du matin, Catherine et moi avons lancé la serviette et j'ai réintégré Lucie-Bruneau tôt le matin, en m'exclamant "Home sweet home", ce qui ne manqua pas de faire sourire ma tendre moitié.

Il faut regarder les choses avec optimisme: si le weekend n'a pas été de tout repos pour la jubilaire et son grabataire, c'était tout de même mieux que celui de l'année précédente aux soins intensifs, et il nous aura permis d'apprendre pour notre prochaine équipée. Et puis le brunch avec les enfants, le souper de la veille ont été, ma foi, fort agréables. Alors, joyeux anniversaire, ma chère Catherine! Merci de ta présence.

P.S. N'oubliez pas de lire le message précédent, écrit la semaine dernière mais publié seulement aujourd'hui, suite à des difficultés techniques.

mardi 14 octobre 2008

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ?

NDLR. La semaine dernière, en voulant vérifier l'orthographe d'un mot, J'ai "zapper" mon texte. Il m'aura fallu une semaine pour découvrir qu'il n'était pas disparu, mais que'il s'était réfugié avec les brouillons. Voilà donc ce brouillon rescapé des eaux comme le fut Moïse. 

Veuillez excuser ce silence prolongé. Il faut croire que je n'avais pas grand chose à dire. Sorte de poète dont l'inspiration s'est asséchée. Ou encore de grand bavard qui a perdu son inspiration.
Pourtant, ma muse est toujours là. Elle m'attend tous les weekends à la maison, vient me visiter presque tous les jours, m'apporte de la bouffe, me chante ou me siffle l'air qu'elle me jouera au piano le prochain samedi. Merveilleuse Catherine !
Bébé Joseph se porte bien. Sa mère cherche de plus en plus les chaises et les fauteuils. Encore trois semaines et je serai pépé. Le bonheur est déjà palpable.
Les travaux sur le terrain ont tellement avancé que même mon ami Claude Cyr, plus porté à remarquer son ombilic, s'est exclamer d'admiration. Luc a retrouvé sa meilleure forme et a eu assez du long weekend pour bâtir une marquise à la grange, que nous transformerons en garage pour l'hiver. Léopold Pilon continue de faire flèche de tout bois et achève l'installation de la clôture autour de la piscine, avec le concours des Robitaille.
Beaucoup de visiteurs sont passés nous saluer: Claude Cyr, Michèle Dupuis, Jacques et Marie Gauthier. Vendredi soir, la famille Talbot a souligné le 50e anniversaire de son benjamin, le beau Claude, toujours aussi svelte et élégant malgré toutes ces années qui s'empilent, et les petits ennuis de santé. La veille, j'avais dîné au restaurant avec Catherine et Clément, tandis que mardi, c'est la famille Clément qui se réunissait pour souligner le passage à Montréal de Julia (from British Columbia).
Je suis allé à la messe à Ste-Geneviève, avec mes complices habituels, Catherine et Clément. En plus d'y avoir rencontré plein de monde, j'ai fait la connaissance de l'abbé Labossière et j'ai parlé (assez longuement) avec le curé Jean Boyer. C'était la première fois que j'échangeais plus que de simples civilités.
Aujourd'hui, les élections, mais j'ai déjà voté par anticipation le weekend dernier. (Mais non, je ne vous dirai pas pour qui j'ai voté. J'aime trop les politiciens, et surtout les politiciennes pour risquer de m'en faire des ennemis.) Demain, dernier cours de conduite avant le test routier pour obtenir le permis de conduite manuelle. Après demain, sortie au Medley pour le show annuel de l'Association des paraplégiques du Québec (dont vous ne souhaitez pas nécéssairement devenir membre). Vendredi, départ pour la maison, avec arrêt à Pointe-Claire pour ajuster mon appareil CPAP pour l'apnée du sommeil. De samedi à lundi, Catherine et moi irons fêter son anniversaire au Centre Sheraton, brunch le dimanche avec la famille. 

lundi 29 septembre 2008

Enfin un bon weekend

Après une semaine où les petits ennuis de santé se sont résorbés, voilà que, vendredi dernier, nous avions la visite de tous les VIP qui doivent donner leur aval aux diverses adaptations à faire à notre maison du Cap St-Jacques.
Il y avait des représentants de la SAAQ, du Ministère des Affaires culturelles, de Lucie-Bruneau, l'architecte, Catherine et moi. Tous ces gens doivent se mettre d'accord sur les transformations à faire: salle de bain adaptée, cuisine adaptée, entrées et rampes, chambre à coucher, garage, etc. Il reste encore du travail, mais je crois bien que le dossier aura avancé. Je vous tiendrai au courant de la suite des choses.
Rendu à la maison, j'avais décidé d'y rester jusqu'à dimanche soir. Ce fut certes mon meilleur séjour depuis mon accident. Quelques petites incontinences, réglées dans le calme, un meilleur sommeil, moins de pluie que prévu, des travaux qui avancent bien sur le terrain, de nouvelles idées qui se brassent, bref je recommence à avoir hâte de rentrer au bercail. Au fait, j'y serai pour cinq jours la fin de semaine des élections.
Et vous, chers lecteurs, comment ça va? Ecrivez moi! C'est facile, il suffit de presser le bouton 'commentaire' et vous écrivez ce qui vous vient à l'esprit. Il n'y a pas d'amende pour les fautes.
Après demain, dernière leçon de conduite avant le test routier. Désormais, nos routes seront plus dangereuses.
Ah oui j'oubliais! J'ai finalement reçu mon nouveau fauteuil motorisé, tout neuf.

P.S. Le 3 octobre, ce sera le 81e anniversaire de mon papa. Et puis, quelques semaines plus tard, le 0e anniversaire de son arrière-petit-fils, Junior Pochet

jeudi 18 septembre 2008

13 mois au plumard

Demain, ça fera 13 mois que je suis confiné à une chambre d'hôpital. Le pire, c'est qu'on s'y fait.
D'autre part, la santé va mieux. Les diarrhées semblent arrêtées. Au gym, je progresse très vite. Un peu plus lentement à la physio, mais ça viendra. Les cours de conduite ont aussi repris; ce n'est pas si évident, après 45 ans de conduite 'normale', d'apprendre à faire tous ces gestes un peu automatiques sans les pieds. Par contre, pas de piscine puisque j'ai ramené de mon bref séjour à l'hôpital St-Luc un test positif au SARM. J'ai repris pour au moins 6 mois un traitement aux anti-coagulants, afin de réduire les embolies qui apparaissent aux poumons. La bonne nouvelle, c'est que ces embolies ne se sont pas logées dans les alvéoles. Par ailleurs, je dors depuis une semaine avec un appareil (CPAP) d'assistance à la respiration, afin de contrer l'apnée du sommeil qui a été diagnostiquée plus tôt. Je commence à m'habituer au masque, mais les résultats se font encore attendre; on prévient qu'il faut parfois quelques semaines. C'est à suivre. 

En tapant ces lignes, j'écoute une radio qui s'appelle Chanteurs.org, sur iTunes, et c'est Tino Rossi qui chante une chanson que mon père fredonnait en s'affairant à son atelier. Eh bien, bonjour papa, tu es toujours avec nous!

Il semble que les planètes s'alignent pour que je passe le weekend à la maison. Ce sera ma première visite depuis quelques semaines, et la météo semble vouloir collaborer. La semaine prochaine, les gens de la SAAQ, des Affaires culturelles, l'architecte et l'ergothérapeute viendront visiter la maison, afin de lancer enfin les travaux d'adaptation à la maison. Je vous tiendrai au courant. La semaine prochaine, c'est aussi l'entrée en vigueur du calendrier d'automne, dont je vous ai parlé lors de la dernière mise à jour.

SOIRÉE BÉNÉFICE DE LA FONDATION LUCIE-BRUNEAU

On m'a fait l'honneur de me nommer au Comité des gouverneurs de la fondation. Dans le cadre de la campagne de financement annuelle, la Fondation a organisé une soirée-bénéfice, sous la présidence d'honneur de M. Gaston L'Heureux, mon ami et mon voisin ici, à Lucie-Bruneau. La soirée aura lieu le 25 novembre 2008, au Centre Leonardo da Vinci, 8370 boulevard Lacordaire. Après une cocktail-dinatoire avec vins et fromages, il y aura un spectacle donné par Sylvain LeMay et Florence K., laquelle interprétera les chanson de son dernier CD, intitulé Bossa Blue, récipiendaire de nombreux prix.
Le prix d'un billet à cette soirée très éclectique est de 225 $, avec reçu d'impôt. Ceux qui ne peuvent pas assister peuvent faire un don (toujours avec reçu d'impôt) ou offrir un objet de valeur pour l'encan silencieux. Toute ma famille sera présente et nous serions heureux de vous y rencontrer. Si vous connaissez quelqu'un qui serait intéressé, n'hésitez pas à me le référer. Merci de m'aider à dire merci à Lucie-Bruneau.



lundi 15 septembre 2008

Joyeux anniversaire, Pierre Éloi


Hier, mon bébé a fêté son 27e anniversaire de naissance. Nous avions fêté Cet événement la veille, au salon de Lucie-Bruneau. Clément et Anne avaient tout orchestré: entrée de crevettes et autres "goodies", carré d'agneau (oui! oui!) qu'ils ont fait cuire sur place, et le traditionnel gâteau de fête. Un party vraiment réussi, compte tenu que j'étais retenu à ma chambre par un problème de plomberie qui a duré plusieurs jours.

Tout le monde sait combien ça peut être embêtant une diarrhée, mais vous ne pouvez qu'imaginer ce que c'est quand on  est paralysé et que ça se passe dans le lit. Je vous fais grâce des détails, mais je tiens à souligner le grand dévouement des préposés de Lucie-Bruneau.

D'autre part, le calendrier d'automne commencera lundi le 22. Je me suis inscrit à presque toutes les activités offertes: classes de tam-tam, programme parents-plus (pour futurs grand-pères), classes d'exercices, relaxation, piscine, cours de conduite automobile et classes de santé. Tout cela s'ajoute aux thérapies régulières: physio, ergo, gymnase, psychologie, etc. Les journées sont "bookées" mur-à-mur, mais je suis libre à partir de 17h tous les jours. 

On m'a demandé de me joindre au bureau des gouverneurs de la Fondation Lucie-Bruneau, laquelle organise un spectacle-bénéfice en novembre. Si vous êtes intéressé à y assister, faites-moi signe. La soirée promet d'être agréable et ça vient avec un reçu d'impôt.

Sur cette petite pub, je vous salue tous.

P.S. Une photo récente du jubilaire. J'ai appris aujourd'hui comment joindre une photo à ce blog. Merci, Clément!







samedi 6 septembre 2008

Quelques petites misères

Samedi, 6 septembre

Weekend passé à Lucie-Bruneau, cause: sérieuse diarrhée, surtout mercredi et jeudi, mais pas de chance à prendre.

Cette histoire m'a fait raté mon r/v pour ajuster la machine qui contrôlera mon apnée du sommeil, ainsi que mes r/v pour le permis de conduire. Tout cela ira à la semaine prochaine.
Aujourd'hui, ça va mieux pour le va-vite, mais beaucoup d'insomie (à partir de 3 h am). Y'a toujours un bon côté aux petites misères: J'ai perdu au moins 7 livres. Le travail sera de ne pas les reprendre.

Côté progéniture, Joseph ou Stan ou Junior (le choix n'est pas encore arrêté) a effectué sa culbute et il est déjà prêt à affronter ce monde. Date prévue, le 2 novembre. La grossesse se passe bien. Mes cours de grand-père tétraplégique devraient commencé le 3 octobre (oui, le jour de  l'anniversaire de l'arrière-grand-père).

Parlant de Normand Sr, après avoir écrit le petit texte du 28 août, je suis parti tout seul sur un "nowhere" avec mon motorisé, et après 1h45 de trajet, je suis allé déposé une petite gerbe de fleurs cueillies le long du boulevard St-Joseph. Il y en avait une pour mon frère Robert, et une pensée pour la belle France, dont le nom inscrit sous celui de Robert nous rappelle leur grand amour. Revenu en taxi, car je craignais manquer de jus.

Je ne mentionne pas toujours mes visiteurs, car j'aurais peur d'en oublier. Mais pour faire changement, mentionnons les visites récentes de Benoit Séguin, Pierre et Madeleine, ma soeur Françoise, Claude venu avec Colette et Marguerite, Raymond, Patrick McClaughlin, Claude Cyr, Pierre Poupart, Anne et Nicolas, Pierre Eloi et Caroline, etc. J'en oublie plusieurs et je m'en excuse, mais je n'oublie pas Catherine et Clément. 

Catherine ne rate pratiquement pas une journée, vient manger avec moi des plats qu'elle a préparés, met de l'ordre dans ma chambre, m'apporte le journal, rencontre le médecin, m'accompagne aux hôpitaux, me reçoit à la maison quand ma santé le permet, organise les horaires, fait les téléphones, et j'en oublie plus que je n'en ai mentionné. Je ne sais pas toujours dire merci; je suis parfois somnolent, irritable, peu souriant, mais elle continue de prendre soin sans relâche de son "gros bébé". Je sais aussi qu'elle prie pour moi. Merci, Catherine, merci!

Clément est mon chauffeur, mon préposé, mon ange gardien. Il m'apporte à dîner presque tous les soirs de la semaine (des plats qu'il n'a pas cuisinés), après sa journée de travail. Calme, pacifique et pacifiant, il a le don d'expliquer, de comprendre, d'apaiser. Quand les mots ne suffisent plus, il saura se taire ou tomber dans son verbiage comique, ses imitations, qui réussissent toujours à détendre les situations. Il s'occupe aussi de sa mère, de la maison, du bureau, des autos, de ses amis les chats, des finances, avec l'aide de Anne, Nicolas, Pierre Éloi et Caro. Il a même trouvé le temps d'aller voir sa grand-mère dans son nouvel appartement. Merci, Clément!


jeudi 28 août 2008

Papa, 20 ans déjà

Le 28 août 1988, notre petite famille perdait l'être le plus important de nos vies. Il est parti comme il avait vécu, tout doucement, avec sa tristesse et sa résignation pour seuls avertissements.
Papa, comme j'aurais voulu être au cimetière aujourd'hui pour te dire tout notre amour, pour te demander encore de nous aider. Va dire à tes enfants qu'ils doivent s'unir, s'aimer, s'aider comme tu as su si bien le faire. Et prie pour ta femme, qui t'aura survécu plus de 20 ans, mais qui a encore besoin de ta présence.
Mes frères et ma soeur, partageons ce deuil comme papa l'aurait souhaité, l'aurait exigé: dans la paix, l'amour et l'harmonie. Vous souvenez-vous que j'ai hérité, à titre d'aîné, du privilège de vous accorder la bénédiction paternelle. Ces dernières années n'ont pas été propices à cette tradition, mais aujourd'hui, j'ai reçu un ordre de papa: Au nom du Père, du Fils et du St-Esprit, je vous bénis...

mercredi 27 août 2008

Petit sejour a l'hopital

Ce message sera court, car je suis présentement alité, au retour d'un bref séjour de 2 jours à l'urgence de l'hopital St-Luc.
Dimanche en soirée, je me sentais le souffle court et on a vérifié que mon taux de saturation était trop bas. J'ai donc passé la nuit avec un support d'oxygène. Au matin, afin d'éliminer l'hypothèse de la pneumonie, on m'a envoyé passé un RX. Mais voilà que j'ai passé par le 911, qui m'ont "livré" à St-Luc, qui se sont livrés à une investigation complète. RX négatif, Doppler négatif, Apnée du sommeil non concluant, c'est finalement au scan nucléaire qu'on a décelé des embolies, peut-être des restes des phlébites de l'hiver dernier.
Retour au Coumadin pour au moins 6 mois, une semaine au repos, pas trop de visites d'ici la fin de semaine. On se reparlera d'ici là.

dimanche 24 août 2008

Image de Pictou


Tel que promis, la photo de Pictou, NS, où nous aurions dû nous rendre, simplement une image de la mer bien tranquille sur le détroit de Northumberland. Catherine et moi partons pour la semaine au bord de la mer au Nouveau Hampshire. Nous te souhaitons bon congé de nous cher Papa! À bientôt.

mercredi 20 août 2008

Message de ma Pitchounette

Avec sa permission, je reproduis ci-dessous le texte de la magnifique carte que Anne ma remise hier soir lors de notre petite célébration familiale. Si Clément a le temps avant son départ pour vacances, il joindra plus tard un scan de cette belle carte.

Cher Papa,

Le 19 août a un goût aigre-doux, ce qui lui donne une importance particulière: il est fait à la fois de joie et de douleur. Pourtant, même si l'on a parfois envie de croire ces dates diamétralement différentes, elles sont toutes deux une borne importante dans nos vies respectives et méritent, ne serait-ce qu'à ce titre, qu'on leur accorde chacune leur place propre dans notre album familial. En 2006, la fin de la journée sonnait le glas d'une fête des plus réussies dont on parle encore avec une grande émotion. Elle marquait aussi la fin d'une époque, tant du côté de Nicolas que du mien. En 2007, nous entamions, séparément de toi et follement inquiets, ce qui allait être un grand chemin de croix vers ta guérison et nous étions très loin du soulagement, mais néanmoins déjà conscients que notre vie allait subir une transformation radicale. Cette carte (Note de Normand: la carte sur laquelle ces mots sont écrits, magnifique, qui reproduit trois chaises de jardin alignées au bord de la mer, à Pictou) m'est tombée dans les mains un peu par hasard, mais elle représente en fait notre destination en ce 19 août 2007: Pictou. Il y a sur cette carte plus de soleil que le jour pluvieux de notre accident, et les deux chaises en bois (trois en fait mais seulement si l'on y regarde de plus près) ont l'air plus invitantes que notre pauvre Impala au toit défoncé et aux quatre fers en l'air. Si l'on veut y voir le signe de la renaissance ou de la sérénité revenue, peut-être est-ce possible.
Les anniversaires appellent aux rétrospectives. La fin de 2007 a été plutôt ardue, parfois carrément pénible. Les veilles à l'hôpital, les mauvaises nouvelles qui souvent les accompagnaient, une fatigue parfois au-delà des mots et quelques défections décevantes nous ont souvent meurtris. Pourtant, souvent, d'avoir la chance de passer un peu de temps avec toi nous apportait une certaine paix, un bonheur plus compliqué que celui auquel la vie nous avait jusqu'alors habitué, parce que fragile, temporaire et surprenant... mais tout bonheur est bon à prendre. Au-delà de tout cela, te savoir soutenu par notre présence et de pouvoir s'appuyer les uns sur les autres nous a apporté plus que nous ne le saurons jamais. Il est donc peut-être à propos de lever notre verre, à nouveau, à la vie, sous toutes ses formes, et à l'amour qui déplace les montagnes et fait vivre,
Il est aussi temps de regarder l'avenir. L'année 2008 t'a vu revenir à une certaine autonomie et, bien que la route soit encore longue, le chemin parcouru est immense. Si tout se passe comme le bon Dr. Chalaoui l'espère, tu seras grand-père et moi, maman. Il n'y a pas de mots pour t'exprimer le bonheur que je ressens à l'idée de te faire connaître cette grande réalisation commune. Tu as changé, certes, mais ta présence est toujours aussi précieuse, même si elle s'accompagne maintenant de nombreuses contraintes autrefois inconnues: elle reste ce qu'elle a toujours été pour nous, une chance inouïe de t'avoir comme père, conseiller, organisateur de voyages ou autres.

Affectueusement,
Anne XXX

Les enfants avaient aussi apporté un magnifique bouquet de roses à Catherine. La petite carte portait les mots suivants:

Chère maman,
Félicitations pour cette grosse année passée souvent dans la tourmente.
Affectueusement,
Anne, Nicolas, Bébé, Pierre Eloi et Caroline.

À Maman, Papa,
C'est déjà fait, l'année et les principales affaires vraiment toutes sont derrière nous!
Clément.

La soirée s'est terminée dans la joie, la musique et la bouffe, à ce joli restaurant où le niveau sonore était certes plus élevé que nous l'attendions, mais où les viandes étaient succulentes à souhait pour ce groupe de carnivores invétérés  dont la présidence échoit comme il se doit à Caroline. C'était un choix judicieux.

mardi 19 août 2008

Premier anniversaire - vivre après la survie

4 heures 15 du matin, dans ma petite chambre de Lucie-Bruneau

J'ai demandé à Gratienne, préposée au service de nuit, de m'apporter mon ordinateur. Je ne dors pas depuis deux heures, et je commence à appréhender la journée qui s'en vient. Je m'étais bien promis de vous écrire en cette journée. Autant m'y mettre maintenant, pendant que les émotions se bousculent. Faire place au meilleur de ce que j'ai vécu, évacuer les mauvais souvenirs (mon amnésie s'en est déjà chargé en partie) pour faire place à l'autre merveilleux anniversaire que nous vivons ce même jour, soit l'anniversaire de la noce de Anne et Nicolas, à laquelle nombre d'entre vous ont participé.

Il y a un an en effet, ma vie et celle de mes proches basculaient dans un fossé inhospitalier de la Nouvelle-Ecosse, mettant un frein brutal à ce qui promettait être une vacance  mémorable, toute la famille (ou presque) réunie comme dans le bon vieux temps. Vous savez ce qui s'en est suivi: tetraplégique C6/C7, un an à l'hôpital (et ce n'est pas fini), lutte contre la mort, puis contre la paralysie (est-ce si différent?), rééducation, déprime entrecoupée d'état de grâce, mais surtout de cette longue et inexorable marche vers la nouvelle réalité.

Te souviens-tu, maman, de ce poème noir que j'avais écrit vers l'âge de 18 ans, qui s'intitulait "La Marche du désespoir", et qui t'avait tant inquiété? Je t'avais rassurée en t'invitant à le lire jusqu'au bout, car il se terminait, si je me souviens bien, sur une sorte d'arc-en-ciel d'espoir. Au bout de la marche, il y avait l'espoir, la vie... Si je le retrouve dans mes papiers jaunis, je vais oser publier ici ce péché de jeunesse.

Car me voilà, 45 ans plus tard, à avoir entrepris cette marche. Pour la deuxième fois en fait, la première ayant été ma lune de miel avec Catherine, mon premier arc-en-ciel, mon grand, mon seul amour. 

La marche n'est pas facile, je vous le jure. C'est un sentier étroit, boueux, parsemé de cailloux et d'embûches encore plus grosses, hérissé de ronces mais parfois aussi jonché de fleurs, de petits fruits sauvages, de rayons de soleil qui percent l'ombre. Ils se font plus rares à mesure que je m'y enfonce, et je crains désormais la forêt, épaisse, sans boussole, sinon les miens. Personne ne peut savoir, qui ne l'a vécu, ce que ce chemin recèle d'angoisses, de douleur, de peine. Personne non plus ne peut savoir, et moi le dernier, combien cette passion n'aura affecté Catherine, mes enfants, mes proches. Ils ont tellement eu peur, tellement souffert, tellement donné. Je ne vois pas bien leurs cicatrices, mais elles sont là. Ce jour se doit d'être pour eux comme pour moi, l'arc-en-ciel, le mot TERRE!, la lumière au bout du tunnel.

Je ne suis pas très croyant, mais je souhaiterais tant l'être. Je pourrais mieux comprendre et mieux remercier ceux qui ont prié et qui prient encore pour moi. Surtout Catherine et sa bonne mère Marianne, mais aussi le bon petit saint Robert, mon curé si dévoué que je fêtais l'avant-veille de cette journée fatale. et l'abbé Claude Forêt, mon aumônier de l'IRM, les bons pères de Sainte-Croix, Patrick, Éric et tous les autres qui ajoutent leurs prières et leurs pensées à ce bouquet. Si mère Marianne et les autres saints sont venus nous sauver la vie, je suis sûr, Catherine mon amour, qu'ils sauront sauver notre survie. Continue de prier. Combien de païens ont été sauvés par la prière...

Anne, Nicolas mon fils, Junior que j'aurai le bonheur de connaître dans une dizaine de semaines s'il ne se présente pas en retard comme sa mère, et le chat Poutou, joyeux anniversaire! Vivez pleinement ce moment et ceux qui s'en viennent. Votre bonheur, c'est le mien. Et il sait si bien effacer les petites emmerdes.

Nous devions faire un voyage cet été; et bien nous serons au Brésil ce soir. Allumez la chandelle, que mes poumons guéris la souffle!

Normand, votre grand bébé d'un an.
 
P.S. J'entendais, par Brésil, un restaurant brésilien. Faut pas s'emballer quand même!

lundi 11 août 2008





Déjà le mois d'août, et bien engagé de surcroît. 
Je n'ai pas donné de nouvelles depuis deux semaines et je m'en excuse. Il y a eu plein de petites nouvelles sans grande importance mais qui ont pris du temps, me laissant peu d'espace pour vous écrire. Ce soir je m'y mets, ayant été rappelé à l'ordre par Ginette et Guy Talbot, deux piliers parmi mes fidèles lecteurs.
Disons d'abord que j'ai passé les 3 derniers weekends au Cap St-Jacques, où tout s'est bien passé, un peu sans histoire. Les travaux de la piscine sont pratiquement terminés, notamment l'installation d'un gazebo muni d'une douche. Si, au premier weekend, je me suis contenté de prendre une douche dans la nature, comme l'amant de Lady Chatterly, ce week-end ci, je me suis lancé à fond la caisse et je me suis baigné dans ma piscine toute rénovée. Nous n'avons pas encore reçu le lève-personne prévu pour l'entrée et la sortie, mais grâce à l'assistance de Clément et de Nicolas, j'ai pu utiliser ma chaise d'aisance pour y accéder. Ce fut toute une traite. 

Un peu plus tôt  la semaine dernière, mous sommes allés chez Plaza Chevrolet, pour remplacer l'Inpala détruite dans l'accident. Nous avons finalement opté pour une Cadillac CTS, la plus facile pour y glisser d'un fauteuil au siège. Elle nous sera livrée demain, bien à temps pour une petite équipée dans le Maine prévue pour la semaine du 24 août. Elle sera surtout utilisée par Catherine, car de non côté, je suis toujours à la recherche d'une petite van sera transformée pour me permettre de la conduire et d'y accéder.

Côté santé, le médecin revient de vacances cette semaine. Je lui demanderai de voir si mes problèmes de somnolence ne sont pas dûs à l"apnée du sommeil, comme le soupçonne Catherine, mon ange gardien qui continue de lire et de s'informer sur ma condition. J'aurai mon deuxième PII ce mercredi prochain; cette réunion de tous mes intervenants permettra de planifier les prochains mois de mon séjour à Lucie-Bruneau. Je m'attends à quelques mois encore d'ajustements avant de quitter le centre pour un appartement de transition. Retour à la maison toujours inconnu. Je vous ferai part du suivi lors de ma prochaine mise à jour.

Côté sport, j'ai fait de la voile à Pointe-Claire, où le vent n'était pas au rendez-vous, mais l'expérience m'a plu et je m'y reprendrai. Par contre, la semaine dernière, la journée de kayak a été anullée, encore la météo...

Mon nouveau fauteuil électrique arrivera fin août. Tout viendra à point à qui aura su attendre!
Le fauteuil manuel, lui, éprouvera encore ma patience jusqu'à une date inconnue.

À bientôt donc. Ne vous gênez pas pour écrire, commenter ces messages et les interventions des autres lecteurs.
Quelques photos . . .


dimanche 27 juillet 2008

Week-end au Cap St-Jacques

Comme la maison n'est pas encore prête et que mes séjours sont très exigeants pour Catherine et Clément, nous limitons généralement mes sorties de week-end à une seule nuit. Clément vient me prendre à Lucie-Bruneau le samedi vers midi et nous rentrons le dimanche soir. Toutefois, nous avons fait exception à cette habitude cette semaine, car l'ergothérapeute voulait revisiter la maison. Ça s'est donc fait vendredi après-midi, et je suis demeuré à la maison pour le reste du week-end. 

Les circonstances s'y prêtaient bien, car Anne et Nicolas ainsi que Caroline et Pierre Éloi sont en voyage. Il ne restait donc que ma garde rapprochée, Clément et Catherine. Ah oui! j'oubliais, et les sept chats! Pas de gros soupers, juste le temps de profiter un peu de notre jardin et notre maison du Cap St-Jacques, ce lieu magnifique. Dimanche matin, j'ai pu prendre une douche dans le gazebo nouvellement aménagé (pour moi svp), eau chaude incluse. J'aurais pu me baigner dans la piscine, enfin prête, mais nous attendons encore le "lift" qui me permettra d'y accéder. Le reste du séjour s'est passé sans histoire.

Vacances obligent, ma prochaine leçon de conduite aura lieu à la mi-août, et l'examen au début septembre. De toutes façons, je n'ai pas encore de voiture adaptée; je pense procéder à son choix dans les prochaines semaines. Ce n'est qu'après avoir reçu mes fauteuils (motorisé et manuel) que je pourrai faire procéder à son adaptation.

mercredi 23 juillet 2008

Normand au volant, est-ce criminel ?

Après plus de 11 mois d'absence des routes du Québec et du 'vaste monde' (Le Survenant), voilà que le redoutable conducteur du Cap St-Jacques a repris le volant. La dernière fois, c'était le 19 août 2007 et ça s'était plutôt mal terminé, comme vous le savez. 
Pour pimenter un peu ce retour, on avait à notre disposition une petite Toyota sans aucun dispositif pour faciliter le transfert. J'ai tout de même réussi à me glisser au volant, sans l'aide de la préposée réservée à cette fin. La monitrice m'a fait parcourir le quartier de Rosemont pendant plus d'une heure, me rappelant à l'occasion des vieilles règles de conduite que les conducteurs chevronnés n'observent pas toujours. Il a été décidé de garder la conduite sur autoroute pour la prochaine session (la semaine prochaine probablement). En somme, une leçon sans histoire, sans pépin, mais qui n'a pas manqué de faire resurgir des images et des sensation "d'avant".
Et puis, lundi après-midi, j'ai nagé dans la belle piscine de Lucie-Bruneau, me permettant une douzaine de 'petites longueurs' (des largeurs, en fait) et quelques autres mini-prouesses.

vendredi 18 juillet 2008

Parlons un peu de vous

Pierre Eloi m'a donné le cours Blog 102, et j'ai ainsi appris à me servir de Google Analytics, une petit logiciel lié au site de blogspot, lequel, comme son nom l'indique, analyse la fréquentation et de nombreuses statistiques en rapport avec ce blog.

Depuis le début de ce blog, soit fin août 2007, 11 435 personnes ont visité le blog; ils y ont lu 
18 251 pages, soit 1,62 pages par visite. Les visites ont duré en moyenne 5,5 minutes. 75% des visites étaient des rebonds (des récidivistes comme dirait la police), tandis que que 15% étaient des nouveaux visiteurs. Au total, il y a eu 1 697 visiteurs différents, de 34 pays différents. Dans l'ordre, le Canada (10913), les États-Unis (347), la Barbade (50), le Japon (18), la France (18), la Russie (12), l'Italie (10), l'Australie (8), etc.

Les deux tiers des accès étaient directs, tandis que 21,5% provenaient de sites reférents, et 12% de moteurs de recherche. La moyenne quotidienne de fréquentation est passée de plus d'une centaine (en septembre 2007) à une vingtaine depuis mai 2008 (avec des pointes de plus de 30 certaines journées. Au cours du dernier mois, il y a eu 500 visites, 1000 pages lues, entre 6 et 30 visiteurs par jour, dont 7 d'Italie, 3 des États-Unis (une visite du Colorado; salut ma cousine!), et 2 de la France.

Permettez-moi de vous dire à quel point je suis estomaqué de votre intérêt pour 'mon pôvre petit moi', comme disait Sol. Merci de votre soutien, de votre amour, de vos prières. Continuez de venir me lire, d'échanger; quelques mots seulement me feront décoller. Allez, les chimistes d'Italie et d'Allemagne, les Pochet de France et d'Angleterre, les Young d'Australie, les Lachoix de Russie et d'ailleurs, les Cyr en voyage en Italie, les Talbot et les Clément de par icitte, tous mes amis. 

Je m'arrête ici, pour ne pas trop faire augmenter le temps de lecture par visite. À bientôt.

vendredi 11 juillet 2008

Rendez-vous au Montreal General

Bientôt, je soufflerai ma première chandelle sur ma troisième vie, mais le bon Dr Randl n'allait pas laissé passer cette date sans un examen post-opératoire.

Ce matin, j'avais donc rendez-vous à l'hôpital, pour rayons-x et rencontre avec le chirurgien.
Bonne nouvelle! Côté orthopédique, tout est en ordre. "As good as it can be", a dit le médecin, qui m'a donné mon congé derechef, se disant même agréablement surpris de la force de mes bras.
Et puis, il a été gentil... Il a même dit qu'il y avait toujours un mince espoir de revoir bouger ces maudits orteils.

Les aménagements de la salle de bain par la SAAQ n'ont toujours pas commencé, mais j'ai cru entendre un matelot crier TERRE! du haut du mât: le rapport de l'architecte a été déposé, il ne reste plus qu'à attendre l'acceptation par la SAAQ, puis par Patrimoine Québec, puis par la Ville de Montréal, puis encore la préparation d'un devis par l'architecte, puis le dépôt des soumissions deux entrepreneurs, etc. À moins que je n'aies passé l'arme à gauche d'ici là...
Ce qui constituerais une joyeuse économie pour la SAAQ, mais ne soyons pas cyniques.

Je passerai encore le weekend à la maison, où les travaux à la piscine ont bien avancé. Occasion de me reposer car la semaine prochaine sera chargée, avec notamment un examen de conduite pour mon permis de conduire. Attachez vos ceintures!

jeudi 3 juillet 2008

Bicyclette à Lachine

Malgré la pluie et le vent, je me suis rendu à la très belle piste cyclable de Lachine pour y participer à une démo de "handbikes" (des bicyclettes actionnées par les mains). J'en ai essayé deux, la dernière étant assistée par un petit moteur électrique, lequel s'embraye quand la pente est raide ou au départ, par exemple. Ce petit bijou est importé d'Allemagne et se vend dans les 8500 $. Si je gagne la prochaine loterie, j'aimerais bien m'en payer un. Avant cela, il y a la voiture, la piscine, les adaptations à la maison, etc.

Nos amis parisiens, les Boulanger, sont au Canada depuis quelques jours, Ils sont passés me voir aujourd'hui. Voilà qu'ils s'habituent aux moustiques! ils disent même ne pas en avoir vus du côté de St-Sauveur. (Si quelqu'un a un Grevisse, dites-moi si j'avais raison de mettre un "s" au mot vus dans la phrase précédente; je n'ai jamais été très fort avec les participes passés.)
Demain, c'est vendredi. Tiens, c'est étrange, j'ai presque hâte de revenir à la maison. Le stress diminue, le bonheur refait sa place...

Pour l'amour du ciel, conduisez prudemment!

mardi 1 juillet 2008

Deux longs weekends

Malgré l'absence d'une salle de bain accessible, les travaux en cours sur la piscine et la maçonnerie, le nouveau lit livré sans ridelles et sans tête de lit, nous avons plongé et j'ai passé les deux derniers longs weekends à la maison, soit 8 jours (6 nuits)sur les 11 derniers jours. Ô miracle! ça s'est bien passé. Ce dernier weekend, par exemple, sans avoir à changer les draps une seule fois. Oh! pas sans de sérieux efforts; j'ai fait mes cathétérismes aux heures et demi durant les nuits. Pour le meilleur sommeil (de moi mais aussi de Catherine) ce n'est pas bien bon, mais le résultat a été la continence.
Qui m'aurait dit, il y a à peine un an, qu'après avoir lutté pour simplement respirer, mon combat serait celui de tout simplement "ne pas pisser dans mon froc" ? Qui me dira, aujourd'hui, quel est le prochain combat qui m'attend demain ?
Ces weekends se sont donc très bien déroulés. J'ai bien supporté la chaleur. C'est de bon augure pour les prochains mois.

mardi 24 juin 2008

Piscine, maison, piscine encore...





La semaine qui s'achève a vraiment été une affaire d'eau. D'abord, lundi dernier (pas hier car j'étais à la maison), soit le 16 juin, j'ai enfin pu aller à la piscine de Lucie-Bruneau, après 4 semaines de remises pour toutes sortes de raisons (qui staphylloque doré, qui plaies ouvertes à la cuisse, qui congé de la thérapeute...). Catherine a pu m'accompagner dans cette magnifique piscine, après s'être acheté un maillot à la dernière minute, et elle aussi a adoré l'expérience. Je peux vous dire que nager avec seulement ses bras, c'est une autre expérience. Ça n'a rien en commun avec le barbotage que je faisais durant quelques minutes dans ma piscine.
Puis, la semaine dernière s'est envolée rapidement, avec une amélioration de ma continence (surtout diurne), la routine habituelle des thérapies, une visite à la clinique de radiologie (où les appareils adaptés sont plutôt dans leur imagination, mais enfin...), etc.
Je me suis permis une sortie de weekend allongée, soit de samedi à mardi. C'est ma plus longue sortie depuis les vacances de Noel. C'est là que la piscine revient à la surface, puisque nous avions les maçons qui ont sablé la piscine et commencé à refaire le tour. C'est un travail complexe, car la piscine a déjà trente ans. Samedi, nous avons eu le bonheur de la visite de la famille Verreault, qui nous ont apporté et cuisiné au barbecue un véritable festin. Eric est un blogueur régulier de cette chronique. Merci à vous et que Dieu continue de vous accompagner; il vous fait du bien! Lundi, la pluie a chassé les maçons, qui sont revenus en force aujourd'hui. Les travaux avancent enfin. Clément et moi sommes allés magasiner au Fairview: chemises, pantalons, petit fourre-tout...
Aujourd'hui, le 24 juin, c'est l'anniversaire de mariage de Anne et Nicolas. Nous avons fêté cela en famille (sauf Nicolas, principal intéressé, qui bosse comme un enragé pour finir sa thèse avant leur départ pour les vacances en France). Joyeux anniversaire, Anne et Nicolas ! Et que la paix et le bonheur vous accompagnent. Les prochains mois sont les plus beaux de votre vie. Ils vous appartiennent; ne laissez aucun nuage les assombrir. Nicolas, vois le bonheur dans le visage d'Anne de t'offrir ce garçon tant désiré (oui! ce sera un garçon). Tiens! il pourrait bien s'appeler Désiré, ce petit Pochet français et canadien... 
Nicolas et Anne, souvenez-vous des larmes de bonheur qui ont coulé sur les joues de Catherine et de Normand quand vous nous avez annoncé la bonne nouvelle. Ce sont ces larmes que nous vous offrons; oubliez celles des petites difficultés rencontrées sur le chemin de la réhabilitation et du retour au bercail; 40 ans d'amour en viendront bien à bout.
Bonjour à la famille de France et merci d'accueillir ce premier petit-fils (dans les deux familles): je vous souhaite autant de bonheur que de ce côté-ci de l'Atlantique. Gilda, afin de mieux tenir ma promesse, je me suis inscrit à un cours  sur ;es nouveaux-nés.
La sortie tire à sa fin; je serai de retour à Lucie-Bruneau après le souper. Si de nouvelles péripéties surviennent, je publierai un autre message. Sinon, j'écrirai bien quelques élucubrations pour vous garder en appétit. 


mercredi 18 juin 2008

C'est reparti... et bien réparti

Toujours fort sur les mots, comme vous le voyez par le titre. Pas encore à la hauteur de mes adversaires le plus coriaces au scrabble (Nicolas, le numero uno; et loin derrière mais tout de même une grosse pointure, Pierre Séguin dit La Déroute), mais j'y travaille.

Juste un petit mot pour préciser la question des visites. Veuillez considérer ce message comme une invitation.

Chez Lucie-Bruneau, je suis un peu comme à la maison. Je peux recevoir qui je veux quand je veux. Il n'y a pas d'horaire ni de couvre-feu pour les visites. Les seules restrictions seraient mon propre horaire, mes visites à l'extérieur, ma bonne santé et aussi celle de mes visiteurs (n'apportez pas votre grippe!), les conflits potentiels de visites. Il est toujours prudent de me donner un coup de fil (cell 514 346 1723) avant de venir.

Règle générale, je suis occupé du lundi au jeudi, du matin jusqu'au milieu de l'après-midi (16h). Toutes les soirées sont libres, jusqu'à 23h. Le vendredi, c'est libre toute la journée. Les samedis et dimanches, je suis à la maison (là où je suis "visitable" aussi). Et pour une petite visite rapide, il y a aussi tous les midis de la semaine; on peut alors manger ensemble à la cafétéria. Ce n'est pas mauvais, vous verrez...

Je ne suis pas obligé de garder ma chambre. Si vous avez une sortie à me proposer, je suis toujours "game", sauf mauvais soubresaut de ma santé. Mais il faut alors envisager le transport si la sortie est à plus d'un ou deux kilomètres de Lucie-Bruneau. Ce n'est pas impossible, surtout si on implique Clément, mon taxi privé. Il y a aussi les taxis adaptés. Proposez, et j'essaierai de disposer.

J'aime et j'apprécie vos visites, votre soutien, et je suis content de pouvoir utiliser ce blog pour vous parlez où que vous soyez dans le monde. Mais n'oubliez pas Catherine, l'autre moitié de moi-même. Elle ne participera pas à ce blog, car elle n'est guère techno. Elle se retrouve seule depuis 10 mois, et elle sera seule pour encore plusieurs mois, avec sur les bras son tétraplégique, sa maison subitement devenue grande et qu'elle doit maintenant adapter, son travail, sa fille enceinte et un agenda impossible. Ça lui fait tellement de bien de recevoir un coup de fil, une invitation (pour nous deux ou pour elle toute seule), un mot, une main tendue quoi...

Continuez de m'écrire. Ciao!

samedi 14 juin 2008

Enfin une mise à jour

Samedi 14 juin 2008

J'avais inscrit 2007 pour l'année, comme si le temps s'était arrêté depuis 10 mois. Pas pour vous, mes bons amis, qui continuez votre vie trépidante et qui trouvez tout de même le temps de venir lire ce blog, mais pour moi, confiné dans une chambre  d'hôpital et obligé de réapprendre les choses les plus élémentaires: respirer, avaler, manger, uriner, m'habiller, sortir de mon lit, etc.

J'ai promis à Anne et Pierre Éloi de prendre le bâton de ce blog et de vous envoyer de mes nouvelles de temps en temps. Ils ont fait un travail extraordinaire malgré leurs horaires chargés: Anne en rédaction de thèse, en charge de la maison quand Catherine est à mon chevet, enceinte depuis bientôt cinq mois... Pierre Éloi, jeune recrue d'un grand bureau d'avocats et champion des heures travaillées, rénovateur de sa nouvelle maison quand il lui reste quelques minutes, politicien encore actif. Ils ont fait des miracles et je les en remercie.

Clément, de son côté, n'a pas chômé: il s'occupe du building, du parking, de la comptabilité affaires et domestique, de sa nouvelle maison, en somme de tout; il a trouvé le temps de terminer son mémoire de maîtrise et on vous enverra bientôt une photo avec le beau chapeau carré; il trouve aussi le temps de me servir de chauffeur, à bord de sa Scoubidou, qui m'amène à la maison, au resto, à l'Oratoire, à mes rendez-vous médicaux, au Centre Bell, à la vie quoi.

Nicolas et Caroline continuent de mettre l'épaule à la roue; ils ont vécu cette expérience non prévue en appuyant non seulement leur conjoint mais en étant d'un secours non mesurable auprès des autres membres de cette famille tricotée serrée, et surtout auprès de Catherine et de moi.

Que dire de Catherine, la femme orchestre, qui continue de venir me visiter presque tous les jours, m'apporte de la bouffe maison, du courrier, des journaux, etc., de l'affection et de l'inquiétude aussi; elle s'occupe du jardin et de la maison, des rénovations en cours, des automobiles, de son bureau et de ses clients, de ses électeurs et de sa ville, de sa petite famille, de nos parents et amis, des anniversaires, de mon calendrier, de ma santé, de ma diète, de mes vêtements, de mes pilules et de mes cathétérismes, et j'en passe plus que je n'en ai nommés. Et regardez-là: elle est fraîche comme une fleur du printemps, sourire aux lèvres et toujours prête à aider un clochard croisé sur la rue. C'est comme ça qu'il faut survivre à un accident.

Mais passons aux actualités. Je suis au Centre de réadaptation Lucie-Bruneau depuis la fin avril (déjà sept semaines) ou je suis sensé compléter ma réadaptation. Le tempo y est résolument plus 'relax'. Les 4 ou 5 premières semaines, on m'observe et on fait le point sur mon état général. On prend acte de ce qui a déjà été accompli à l'IRM et des objectifs que j'ai moi-même énoncés. Cela se fait en étroite collaboration avec Catherine et la famille, qui participent à toutes les réunions du PII (le plan d'intervention individuel).

 J'ai manifesté le désir de retrouver le plus d'autonomie possible, afin notamment de pouvoir faire seul, sans intervention ni surveillance, les actes de la vie "normale": me lever, prendre ma douche, préparer mes repas, monter et descendre d'une voiture, la conduire seul, lire, utiliser un ordinateur, faire des courses, utiliser les toilettes de la maison ou les toilettes publiques, me mettre au lit. J'ai aussi demandé qu'on m'inscrive à un programme "parent plus", car il n'est pas question que je renonce à soigner Junior(e) Pochet. (C'est pour lui, ma famille et mes amis, que j'ai trouvé la force de rester en vie.)

Ce n'est pas un mince programme "quand on a que l'amour" (Brel) et ses bras pour y parvenir. Ici, on me parle d'un séjour supplémentaire indéterminé (un ou deux mois, plus si nécessaire) pour stabiliser ma santé: hypotension, escarres, incontinence, régulation thermique, dysréflexie, et la santé psychologique, qui demande un peu d'attention. Le tout suivi d'un séjour en appartement supervisé, d'une durée de 2 à 6 mois. Je ne serai donc pas à la maison avant l'hiver, si tout va bien.

Côté acquisitions, je prends ma douche et me lave seul; je m'habille seul, y compris les bas pression; je fais mes transferts sans aide mais avec surveillance (à cause des escarres); je fais seul mes cathétérismes et mon curage; depuis longtemps je mange seul; je fais seul ma lessive; ma capacité respiratoire est passée de 60% à plus de 80%; la force de mes bras, de mes mains et de mes doigts a plus que doublé, surtout côté gauche, le plus hypothéqué; mon équilibre s'améliore et j'ai pratiquement réglé mes problèmes d'hypotension. Depuis que la neige a fondu, je me suis permis des excursions, parfois sans accompagnateur: promenades, restos, cinéma, centres commerciaux...

Côte travaux, il faut attendre les appoints de la SAAQ et d'un tas d'autres intervenants avant de planter un clou, si bien que je n'ai toujours pas de salle de bain accessible au Cap St-Jacques. Catherine a tout de même entrepris plein de travaux, dont notamment la rénovation de la piscine. D'ici quelques mois nous l'espérons, nous aurons aménagé la salle de bains au rez-de-chaussée (la conversion d'une partie du salon en chambre est pratiquement terminée), nous aurons élargi et automatisé la porte d'entrée, aménagé des rampes d'accès permanentes, installé un système de domotique pour me faciliter la vie; enfin, j'aurai remplacé l'auto par une véhicule adapté à ma condition.

Les prochains mois me verront apprivoiser la piscine, la conduite automobile, le soin des nouveau-nés, la réintégration dans mes activités tant professionnelles que familiales. En appartement, je devrai réapprendre à faire mes repas, mes emplettes, la lessive et le ménage, recevoir les miens et mes amis plutôt que d'être reçu. Il faut aussi savoir gérer les hauts et les bas de cette réadaptation, car on nous prévient: ce n'est pas "une promenade dans le parc" (a walk in the park); c'est une longue route semée d'embûches, de gains mais aussi de reculs, d'espoirs mais aussi de déceptions.

Surtout, c'est un deuil: de celui que j'étais, des projets qui sont devenus impossibles, du bonheur facile dont on a rêvé, des amis qui sont disparus. Mon château de cartes s'est écroulé, mon château de sable a été détruit par une seule vague, mon château en Espagne est devenu encore plus inaccessible... Quand j'aurai fait le deuil de mes châteaux, il me restera ma famille, ma maison, les amis qui me sont restés fidèles (vous vous reconnaissez), et toute cette troisième vie que je dois à Dieu, à mère Marie-Anne, au bon petit saint Robert, ancien curé de ma paroisse, à ma femme Catherine et ceux qui m'ont donné le courage de vivre.

Je vous reviendrai, en moins long je l'espère. Vos commentaires sont la vie de ce blog. Je les ai tous lus et ils m'ont incité à lui redonné un souffle qui se rendra jusqu'aux USA et en Nouvelle-Zélande pour revenir par la France. Merci de votre soutien.

lundi 21 avril 2008

Petite mise à jour

Normand devrait quitter l'Institut de réadaptation de Montréal demain vers le centre de réadaptation Lucie-Bruneau.

La durée de son séjour à cet endroit reste à déterminer.

jeudi 10 avril 2008

Toujours pas de diagnostic...

... mais l'enflure est partie. On ne sait toujours donc pas à quoi l'attribuer: pour l'instant, on hésite entre une mauvaise réaction à un médicament ou un problème de lymphodème. Normand devra se plier à des tests vers la fin de la semaine prochaine afin d'éclaire la lanterne des médecins. Il restera donc à l'IRM jusqu'à ce que le problème soit réglé... ou oublié!

mardi 8 avril 2008

Contretemps

Normand restera à l'IRM jusqu'à nouvel ordre, ce qui retardera d'autant, cela va de soi, son arrivée à Lucie-Bruneau. Une enflure assez importante au niveau des jambes, encore inexpliquée, l'a conduit à l'urgence de l'Hôpital Général, hier en fin de journée. Il y était encore ce matin et attendait un diagnostic. Catherine a passé toute la nuit à son chevet.

Nous vous tiendrons informés.

mercredi 19 mars 2008

Dernière rencontre à l'IRM

Nous avons rencontré, pour la dernière fois, l'ensemble de l'équipe en charge de Normand à l'IRM. Le principal souci reste encore les plaies de lit (ou escarres) qui tardent à guérir et qui, en plus, ont été abîmées lors d'un transfert pour la douche. Les plaies de lit sont un problème qui peut devenir extrêmement sérieux, surtout que la peau reste à jamais fragilisée: il s'agira donc d'un point à surveiller. Sinon, le reste semble aller en s'améliorant: les poumons sont bien, les étourdissements sont pratiquement éliminés et la circulation des jambes ne va pas trop mal. Le prochaines semaines seront donc consacrées à la guérison des plaies et à de la physiothérapie... il reste cependant moins de gains à faire maintenant que 6 mois ont passé et Normand peut donc considérer que la situation telle qu'elle est en ce moment sera à peu près permanente.

Reste maintenant à faire la prochaine étape à Lucie-Bruneau: le départ est fixé pour le 8 avril...

jeudi 13 mars 2008

Voici un extrait d'un reportage de la SRC avec Normand!





et voici le reportage entier:

lundi 3 mars 2008

La vie continue

Normand a passé un autre week-end à la maison. Il y est revenu une fois par semaine pour deux jours depuis le début de février et commence à y (re)faire ses marques. C'est Clément qui assure le transport de l'IRM à la maison en camion loué, puisque les chauffeurs de taxis adaptés sont parfois désagréables et généralement pressés. De plus, ce mode de transport permet à Normand d'être mobile durant le séjour si le coeur lui en dit. Les travaux de rénovation ne sont toujours pas complètement terminés, mais le rythme a un peu diminué et cela génère un peu moins de stress. De plus, Catherine et Normand, chacun de leurs côtés, ont trouvé deux infirmières proches de la maison et disponibles deux heures par jour le matin pour prendre soin de Normand. Pour Catherine (et un peu pour Normand, quand même), cela est très rassurant. Il reste maintenant à s'habituer aux réveils aux quatre heures durant la nuit (je ne sais pas si cela va être possible...). Pour l'instant, Catherine et Normand font une sieste durant l'après-midi pour rattraper les heures de sommeil perdues. Je présume qu'un aménagement viable va aussi être trouvé par rapport à ce problème ou qu'ils vont s'y habituer, tout simplement...

Cette fin de semaine, il est probable que Normand passe plus de temps à la maison puisque ce sera l'anniversaire de Clément le 6 mars, ce qui rallongerait le week-end à 4 jours. Clément aura en effet trente ans cette année, il s'agit donc d'un moment important à souligner.

Quant aux semaines à venir, elles seront consacrées à de la physio et de l'ergo, comme toujours et divers soins annexes. L'IRM continuera de tenter de trouver une solution définitive aux étourdissements de Normand qui se font de plus en plus rares.

Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, mais on commence déjà à prévoir la prochaine étape, qui est le centre de réadaptation Lucie-Bruneau. Ce centre aura l'avantage d'être plus proche de chez Clément et du bureau de Catherine. Nous ignorons pour l'instant combien de temps durera cette nouvelle phase, mais il semble probable qu'il s'agisse de la dernière étape avant un retour permanent à la maison... mais nous avons encore le temps.

lundi 18 février 2008

Sortie au Centre Bell

Normand était présent pour le match opposant Les Flyers aux Canadiens.

Il a ainsi pu profiter d'un bain de foule en plus d'assister à une victoire du Ch.

Caroline, Clément et moi l'accompagnaient.

Des photos seront publiées sous peu.

mardi 5 février 2008

Rencontre au sommet

Nous étions tous présents hier pour supporter Normand et poser des questions au sujet du plan d'intervention que concevra l'IRM pour les semaines à venir. Le plan d'intervention fait état des progrès accomplis, présente un bilan de santé, et, surtout, cherche à identifier les objectifs de la personne en traitement. Tous les intervenants qui touchent Normand de près à l'IRM y sont conviés. Ainsi, hier, Christiane, la physiothérapeute, Annabelle, son infirmière principale, Hélène, l'ergothérapeute, Valérie, la physiatre, Nathalie, la travailleuse sociale et Micheline, la psychologue étaient toutes présentes. Nous avons eu aussi le plaisir de revoir Mme Boies, la coordonnatrice et M. Benoît, de la SAAQ.

Normand a donc parlé de ses besoins, de ses espoirs, et de nombre de choses qui lui tiennent à coeur. De notre côté, nous avons pu poser des questions aux personnes présentes, la plus sollicitée ayant été la physiatre. Notamment, les chutes de pression survenant lorsque Normand entre dans la douche sont une chose qui nous inquiète en ce moment: selon le médecin, les médicaments pris par Normand depuis quelques jours devraient aider à éliminer ce souci, ce qui nous rassure un peu. Aussi, toutes les questions relatives à l'installation à la maison nous tracassent, plus particulièrement la choix d'une douche ou d'un bain, l'acquisition d"une voiture adaptée et les possibilités de faire du sport pour Normand: ces différentes questions ont aussi été abordées. Finalement, la dernière question et sans doute la plus importante est celle de l'aide à domicile. Normand et Catherine s'affairent depuis quelque temps à trouver du personnel potentiel afin d'alléger leurs tâches quotidiennes et les intervenants de l'IRM fournissent une source non négligeable d'information à ce sujet. Pour le moment, une chose est sûre, c'est que l'IRM recommande de nouvelles visites à la maison - même d'une journée- afin de mettre en place une liste de besoins et de carences.

Nous sommes ressortis assez satisfaits de cette rencontre, surtout que depuis quelques jours, Normand est en grande forme. Il est donc vraisemblable que les 6 prochaines semaines amèneront des progrès... et de nouvelles questions dont nous pourrons discuter à la prochaine rencontre.

vendredi 25 janvier 2008

Des nouvelles de la dernière semaine...

Toute la semaine, Normand a récupéré de ses deux phlébites et a pris des médicaments pour les contrôler. Il prend également des médicaments afin de limiter les effets associés à sa paralysie sur le plan neurologique. Cette prise de différents agents chimiques le fatigue. Il a eu une journée assez difficile mardi: il était frissonnant à un point qu'il a dû se coucher et, par conséquent, faire l'école buissonnière en ergothérapie. Il partait le lendemain avec Catherine à l'Hôpital général de Montréal pour y rencontrer le médecin qui l'a opéré. Selon ce que nous en avons compris, les effets de la blessure de Normand peuvent se résorber pendant jusqu'à 2 ans; ainsi. nous pourrions avoir de belles surprises d'ici août 2009 (peut-être aussi des mauvaises, mais nous préférons penser que les nouvelles seront bonnes...). Il semblerait que Normand ait eu de la chance de survivre après un tel accident: en effet, passé le cap de la soixantaine, la récupération est extrêmement difficile compte tenu entre autres de difficultés associées à une moins bonne circulation, les deux premiers mois étant particulièrement délicats. Ainsi, les problèmes de phlébite vécus la semaine dernière seraient un problème récurrent. L'IRM tente de pallier la situation en faisant différentes interventions préventives. Il semble certain aussi que Normand doive reprendre des forces et se reposer, puisqu'un état de faiblesse général favoriserait les trois plus grands ennemis de sa nouvelle vie: les pneumonies, les infections urinaires et les phlébites, affections qu'il a toutes du combattre durant les derniers mois, sans compter les escarres (ou plaies de lit)... Il faudra donc être très vigilant.

Pour l'instant, hier soir, Normand semblait assez bien, mais combattait encore des problèmes de congestion, de sécrétions et de mal de gorge ayant commencé mercredi. Il doit se reposer le plus possible.

jeudi 17 janvier 2008

Petits soucis...

Normand a du se rendre à l'Hôpital général de Montréal mardi matin. Il avait les jambes enflées et des tests sanguins révélaient des problèmes potentiels de caillots, que l'on présumait au niveau des membres inférieurs. Un test pratiqué en hôpital a en effet révélé une petite phlébite dans une jambe et une moyenne phlébite dans l'autre. Normand devra donc prendre des médicaments dans les semaines à venir et éventuellement retourner au même hôpital pour voir l'évolution du problème d'ici deux mois environ. Catherine l'accompagnait à l'aller et Clément a pris l'ambulance avec son père au retour.

Par ailleurs, Normand se sent un peu pris au niveau des poumons: il a quelques petites sécrétions qu'il s'affaire à sortir de ses poumons du mieux qu'il peut. Il faisait une très légère fièvre mercredi matin, mais vraiment rien d'inquiétant... pour le moment, Cela étant, il ne se porte pas trop mal non plus: il se repose un peu de ses petits soucis et reprendra un rythme plus normal demain ou lundi.

Voilà pour les nouvelles: le séjour à l'IRM est certes moins propice à une avalanche de nouvelles, ce qui est certes une bonne chose pour Normand, mais en même temps, moins intéressant pour les fidèles lecteurs de ce site. Le mois de janvier est un mois assez occupé pour Clément, Catherine et même moi, pour différentes raisons. Nous tâcherons cependant de vous faire voir des photos de la maison et peut-être même de Normand dans quelque temps, quand nous serons un peu plus libres qu'en ce moment.

dimanche 6 janvier 2008

Rentrée des classes pour tous

Comme nous l'avons mentionné la semaine dernière, Normand est retourné à L'IRM plus tôt que prévu. Nous avons eu le bonheur de célébrer le nouvel an avec lui à l'institut dans l'appartement «adapté» des ergothérapeutes. Françoise, Diane et Madeleine avaient mis la main à la pâte pour le ravitaillement et ont fait un véritable succès de cette célébration.

C'est maintenant l'heure du retour à la normale pour plusieurs d'entre nous, si ce n'est pas déjà fait.

Nous vous souhaitons à tous, en cette fête des rois, une très bonne année 2008, pleine de succès et de bonheur ET SURTOUT, LA SANTÉ!.