mercredi 20 août 2008

Message de ma Pitchounette

Avec sa permission, je reproduis ci-dessous le texte de la magnifique carte que Anne ma remise hier soir lors de notre petite célébration familiale. Si Clément a le temps avant son départ pour vacances, il joindra plus tard un scan de cette belle carte.

Cher Papa,

Le 19 août a un goût aigre-doux, ce qui lui donne une importance particulière: il est fait à la fois de joie et de douleur. Pourtant, même si l'on a parfois envie de croire ces dates diamétralement différentes, elles sont toutes deux une borne importante dans nos vies respectives et méritent, ne serait-ce qu'à ce titre, qu'on leur accorde chacune leur place propre dans notre album familial. En 2006, la fin de la journée sonnait le glas d'une fête des plus réussies dont on parle encore avec une grande émotion. Elle marquait aussi la fin d'une époque, tant du côté de Nicolas que du mien. En 2007, nous entamions, séparément de toi et follement inquiets, ce qui allait être un grand chemin de croix vers ta guérison et nous étions très loin du soulagement, mais néanmoins déjà conscients que notre vie allait subir une transformation radicale. Cette carte (Note de Normand: la carte sur laquelle ces mots sont écrits, magnifique, qui reproduit trois chaises de jardin alignées au bord de la mer, à Pictou) m'est tombée dans les mains un peu par hasard, mais elle représente en fait notre destination en ce 19 août 2007: Pictou. Il y a sur cette carte plus de soleil que le jour pluvieux de notre accident, et les deux chaises en bois (trois en fait mais seulement si l'on y regarde de plus près) ont l'air plus invitantes que notre pauvre Impala au toit défoncé et aux quatre fers en l'air. Si l'on veut y voir le signe de la renaissance ou de la sérénité revenue, peut-être est-ce possible.
Les anniversaires appellent aux rétrospectives. La fin de 2007 a été plutôt ardue, parfois carrément pénible. Les veilles à l'hôpital, les mauvaises nouvelles qui souvent les accompagnaient, une fatigue parfois au-delà des mots et quelques défections décevantes nous ont souvent meurtris. Pourtant, souvent, d'avoir la chance de passer un peu de temps avec toi nous apportait une certaine paix, un bonheur plus compliqué que celui auquel la vie nous avait jusqu'alors habitué, parce que fragile, temporaire et surprenant... mais tout bonheur est bon à prendre. Au-delà de tout cela, te savoir soutenu par notre présence et de pouvoir s'appuyer les uns sur les autres nous a apporté plus que nous ne le saurons jamais. Il est donc peut-être à propos de lever notre verre, à nouveau, à la vie, sous toutes ses formes, et à l'amour qui déplace les montagnes et fait vivre,
Il est aussi temps de regarder l'avenir. L'année 2008 t'a vu revenir à une certaine autonomie et, bien que la route soit encore longue, le chemin parcouru est immense. Si tout se passe comme le bon Dr. Chalaoui l'espère, tu seras grand-père et moi, maman. Il n'y a pas de mots pour t'exprimer le bonheur que je ressens à l'idée de te faire connaître cette grande réalisation commune. Tu as changé, certes, mais ta présence est toujours aussi précieuse, même si elle s'accompagne maintenant de nombreuses contraintes autrefois inconnues: elle reste ce qu'elle a toujours été pour nous, une chance inouïe de t'avoir comme père, conseiller, organisateur de voyages ou autres.

Affectueusement,
Anne XXX

Les enfants avaient aussi apporté un magnifique bouquet de roses à Catherine. La petite carte portait les mots suivants:

Chère maman,
Félicitations pour cette grosse année passée souvent dans la tourmente.
Affectueusement,
Anne, Nicolas, Bébé, Pierre Eloi et Caroline.

À Maman, Papa,
C'est déjà fait, l'année et les principales affaires vraiment toutes sont derrière nous!
Clément.

La soirée s'est terminée dans la joie, la musique et la bouffe, à ce joli restaurant où le niveau sonore était certes plus élevé que nous l'attendions, mais où les viandes étaient succulentes à souhait pour ce groupe de carnivores invétérés  dont la présidence échoit comme il se doit à Caroline. C'était un choix judicieux.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

bonjour Normand, bonjour Catherine !

la lecture de ces textes vraiment remarquables me captive et m'émeut toujours autant...me donne aussi pas mal de matière à réflexion...
et je suis ravie d'apprendre que vous vous joindrez bientôt au beau club des grands-parents (dont je suis déjà trois fois membre)!

alors encore une fois, bravo à toi, Normand, bravo à ta belle Catherine et à votre formidable famille !
Francine (Moreau)