mardi 19 août 2008

Premier anniversaire - vivre après la survie

4 heures 15 du matin, dans ma petite chambre de Lucie-Bruneau

J'ai demandé à Gratienne, préposée au service de nuit, de m'apporter mon ordinateur. Je ne dors pas depuis deux heures, et je commence à appréhender la journée qui s'en vient. Je m'étais bien promis de vous écrire en cette journée. Autant m'y mettre maintenant, pendant que les émotions se bousculent. Faire place au meilleur de ce que j'ai vécu, évacuer les mauvais souvenirs (mon amnésie s'en est déjà chargé en partie) pour faire place à l'autre merveilleux anniversaire que nous vivons ce même jour, soit l'anniversaire de la noce de Anne et Nicolas, à laquelle nombre d'entre vous ont participé.

Il y a un an en effet, ma vie et celle de mes proches basculaient dans un fossé inhospitalier de la Nouvelle-Ecosse, mettant un frein brutal à ce qui promettait être une vacance  mémorable, toute la famille (ou presque) réunie comme dans le bon vieux temps. Vous savez ce qui s'en est suivi: tetraplégique C6/C7, un an à l'hôpital (et ce n'est pas fini), lutte contre la mort, puis contre la paralysie (est-ce si différent?), rééducation, déprime entrecoupée d'état de grâce, mais surtout de cette longue et inexorable marche vers la nouvelle réalité.

Te souviens-tu, maman, de ce poème noir que j'avais écrit vers l'âge de 18 ans, qui s'intitulait "La Marche du désespoir", et qui t'avait tant inquiété? Je t'avais rassurée en t'invitant à le lire jusqu'au bout, car il se terminait, si je me souviens bien, sur une sorte d'arc-en-ciel d'espoir. Au bout de la marche, il y avait l'espoir, la vie... Si je le retrouve dans mes papiers jaunis, je vais oser publier ici ce péché de jeunesse.

Car me voilà, 45 ans plus tard, à avoir entrepris cette marche. Pour la deuxième fois en fait, la première ayant été ma lune de miel avec Catherine, mon premier arc-en-ciel, mon grand, mon seul amour. 

La marche n'est pas facile, je vous le jure. C'est un sentier étroit, boueux, parsemé de cailloux et d'embûches encore plus grosses, hérissé de ronces mais parfois aussi jonché de fleurs, de petits fruits sauvages, de rayons de soleil qui percent l'ombre. Ils se font plus rares à mesure que je m'y enfonce, et je crains désormais la forêt, épaisse, sans boussole, sinon les miens. Personne ne peut savoir, qui ne l'a vécu, ce que ce chemin recèle d'angoisses, de douleur, de peine. Personne non plus ne peut savoir, et moi le dernier, combien cette passion n'aura affecté Catherine, mes enfants, mes proches. Ils ont tellement eu peur, tellement souffert, tellement donné. Je ne vois pas bien leurs cicatrices, mais elles sont là. Ce jour se doit d'être pour eux comme pour moi, l'arc-en-ciel, le mot TERRE!, la lumière au bout du tunnel.

Je ne suis pas très croyant, mais je souhaiterais tant l'être. Je pourrais mieux comprendre et mieux remercier ceux qui ont prié et qui prient encore pour moi. Surtout Catherine et sa bonne mère Marianne, mais aussi le bon petit saint Robert, mon curé si dévoué que je fêtais l'avant-veille de cette journée fatale. et l'abbé Claude Forêt, mon aumônier de l'IRM, les bons pères de Sainte-Croix, Patrick, Éric et tous les autres qui ajoutent leurs prières et leurs pensées à ce bouquet. Si mère Marianne et les autres saints sont venus nous sauver la vie, je suis sûr, Catherine mon amour, qu'ils sauront sauver notre survie. Continue de prier. Combien de païens ont été sauvés par la prière...

Anne, Nicolas mon fils, Junior que j'aurai le bonheur de connaître dans une dizaine de semaines s'il ne se présente pas en retard comme sa mère, et le chat Poutou, joyeux anniversaire! Vivez pleinement ce moment et ceux qui s'en viennent. Votre bonheur, c'est le mien. Et il sait si bien effacer les petites emmerdes.

Nous devions faire un voyage cet été; et bien nous serons au Brésil ce soir. Allumez la chandelle, que mes poumons guéris la souffle!

Normand, votre grand bébé d'un an.
 
P.S. J'entendais, par Brésil, un restaurant brésilien. Faut pas s'emballer quand même!

2 commentaires:

Anonyme a dit…

CHER NORMAND,

TE LIRE CE MATIN ME DONNE LES LARMES AUX YEUX, CAR EN UN SEUL MESSAGE TU AS RESUME L'ENSEMBLE DE TOUT CE QUI A ETE ECRIT SUR CE BLOG DEPUIS LE DEBUT.

JE TE SUGGERE FORTEMENT LA LECTURE
DU LIVRE DE JOB DANS L'ANCIEN TESTAMENT. CELA CONCERNE LES EPREUVES SUBIT PAR UN HOMME QUI A VU PAR CES EPREUVES SA VIE COMPLETEMENT BASCULEE ET CHANGEE, MAIS SA FOI RESTANT TOUJOURS SOLIDE, RECU LES GRACES DU SEIGNEUR AU BOUT DU CHEMIN.

C'EST LE MEME PRINCIPE QUI S'APPLIQUE AVEC JESUS, LES HOMMES ETANT PECHEURS ET DIEU ETANT SAINT,
IL ETAIT IMPOSSIBLE A DIEU D'ACCUEUILLIR LES HOMMES AUPRES DE LUI SANS PERDRE SA SAINTETE.
DONC AYANT PAR L'ESPRIT ENGENDRE JESUS AVEC LA VIERGE MARIE.
DIEU A ETE FAIT HOMME EN JESUS, A VECU COMME NOUS MAIS EN PARFAITE SAINTETE.
LE PECHE C'EST LA MORT ET L'ETERNITE LOIN DE DIEU, JESUS EN TANT QUE SAINT POUVAIT PRENDRE LE CHATIMENT A LA PLACE D'UN AUTRE HOMME POUR EFFACER SON PECHE ET LUI OUVRIR L'ACCES A DIEU QUI NE VOIE PLUS LE PECHE AYANT ETE EFFACE PAR JESUS. DE PLUS ETANT AUSSI A LA FOIS DIEU, DONC INFINI, LE CHATIMENT QU'IL A RECU PEUT DE CE FAIT COUVRIR L'ENSEMBLE DE L'HUMANITE ET SAUVER DU CHATIMENT TOUT CEUX QUI LE DESIRE ET LE LUI DEMANDE.

CAR DIEU A TANT AIME LE MONDE QU'IL A DONNE SON FILS UNIQUE AFIN QUE QUICONQUE CROIT EN LUI NE PERISSE POINT MAIS AIT LA VIE ETERNELLE.

NORMAND, LE SEIGNEUR T'ATTEND AU BOUT DU CHEMIN, LA VIE EST COURTE EN COMPARAISON DE L'ETERNITE, ACCROCHES TOI A LUI, TA JOIE SERA GRANDE AINSI QUE CELLE DES TIENS.

AVEC TOUT MON AMOUR JE TE SOUHAITE DE DECOUVRIR TOUT CE QUE JESUS A A T'OFFRIR.

ERIC

P.S SI TU DESIRES QU'ON EN PARLE
APPELES MOI QUAND TU VEUX.

Anonyme a dit…

Bonjour Normand,
Depuis notre réveil ce matin, nous pensons à toi car le 19 août 2007 restera toujours gravé dans notre mémoire. C'est avec beaucoup d'émotions que tu nous a fait revivre cette année passée. L'avenir est devant toi avec la venue prochaine de "JUNIOR" qui saura par sa présence faire oublier à son grand-papa des moments sombres.
Bon voyage au Brésil ce soir, amusez-vous bien, passez de bons moments ensemble, nos pensées seront avec vous!
Salutations à Catherine et les enfants!
Nous t'embrassons très fort et à bientôt,