Quand au papa et à la maman, je ne leur ai pas beaucoup parlé, mais je sais qu'ils ont vécu ces moments magiques dans leur intimité de couple, dans ce bonheur qui doit se vivre à deux une dernière fois, puisque désormais c'est à trois que se conjugueront les événements de leur vie.
Tout cela pour vous annoncer qu'il est arrivé, notre joueur de foot de 9 livres (4 kilos et des poussières pour le monde de l'autre côté de la mer), notre petit-fils, arrière-petit-fils de grand-mère Colette, qui porte seule le flambeau de sa génération, au nom des arrières-grands pères Normand et Richard, et de Marie, qui restera toujours "grand-mère Marie", comme elle se définissait elle-même. Grand-mère, je vois couler vos larmes de joie, j'entends les douces berceuses que vous avez chantées à vos enfants et que vous chantiez encore à nos enfants, je touche ces cheveux blancs comme neige mais chauds comme des cendres, je sais que vous respirez avec nous ces odeurs humides d'automne, et j'entends déjà en même temps que vous ces pleurs de bébé, ces premiers balbutiements qui, un jour prochain, diront maman et papa... Tous nos sens sont en fête, y compris ce sixième sens redoutable que vous avez légué à "grand-mère Catherine".
Et les autres grands-parents, de l'autre côté de l'océan qui vient encore de rétrécir, écrivez-nous afin que nous partagions avec vous vos émotions. Il n'y a pas encore deux ans, alors que j'étais encore sur mes jambes, Albert, Gilda, Catherine et moi ont tour à tour souhaité cette progéniture. Ça ne s'est pas fait sans peine, avec quelques cahots sur la route, mais nous y sommes. "Tu enfanteras dans la douleur", mais aussi dans l'allégresse.
Et cette année verra bientôt un autre enfantement, celui d'une thèse de doctorat sur laquelle le papa bûche depuis des années. Tout seul dans son bureau (ou plutôt ses bureaux), en dehors des chemins battus, il faut beaucoup de détermination pour terminer ce travail de moine. Allez! Nicolas, un dernier effort!
Ici, à Lucie-Bruneau, loin des feuilles qui frémissent comme la Bourse, loin des saisons, loin des campagnes électorales, loin des bouchons de circulation, loin de chez moi, loin de ma famille, même un peu loin de Dieu, j'aurai vécu cette journée magique comme on vit un tour de magie, loin de la scène, le cou étiré, sans trop comprendre, mais émerveillé. Emerveillé de constater tout ce qu'il reste encore sur cette grande table qu'est la vie. Oui! oui!, la vita è bella.
Avez-vous remarqué que dans le mot vieillir, il y a le mot vie?
Merci mon Dieu, merci à vous tous qui m'avez supporté ou qui avez prié pour moi, merci à ce "grand corps malade" qui a passé à travers plus de misères qu'il ne s'en était commandé et qui m'a permis de vivre ces moments. Merci à cette vieille tête un peu bourrue, toujours contestataire, qui a su gérer sa nouvelle condition. Merci, maman, de m'avoir transmis cette vie qui continue de se transmettre. Merci, Catherine, de m'avoir choisi pour cette oeuvre grandiose. Merci Anne et Nicolas, mes enfants, et merci Joseph pour ces années de bonheur que tu me promets.
P.S. si Clément a pu prendre quelques photos de ce prodige, nous les partagerons avec vous, chers blogueurs.
2 commentaires:
Félicitations Anne, Nicolas, et toute la famille !
FELICITATIONS A TOUTE LA FAMILLE.
UN JOUR, NORMAND, TU AURAS UN AUTRE
EXCELLENT GRILLARDIN POUR FAIRE PLAISIR A TON PALAIS.
EN ATTENDANT GOUTE BIEN LES JOIES DE CETTE NOUVELLE VIE PLEINE D'AMOUR A DONNER.
ERIC ET MARIE-JEANNE
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