jeudi 27 novembre 2008

Beaucoup de nouvelles




Comme le titre vous l'indique, il s'est passé tellement de choses depuis les dernières semaines, que je n'ai pas eu le temps de vous tenir au parfum. (comme disait Shakespeare, a poor excuse is better than none.)
Il y a d'abord Joseph, dont j'annonçais la naissance. Eh bien ce gros gaillard est rentré à la maison avec sa maman, il a du apprendre à téter sa pitance et il se débrouille fort bien déjà, ajoutant une livre chaque semaine. Le vrai portrait de son grand-père! Joseph a eu la visite de sa grand-mère française, Gilda, venue passée une dizaine de jours au Canada pour faire connaissance avec sa descendance. Grand-père Albert suivra en janvier. Il ne faut quand même pas dépeupler la France!
Il y a aussi Pierre Éloi, qui a changé de job. Il est maintenant chez Legault, Joly et Ass., où il n'a vraiment pas le temps de chômer. Il est l'heureux père de Bones, une belle grosse Bouvier bernoise, qui prend beaucoup de place quand elle vient rendre visite à nos chattes timorées par ce monstre.
Il y a aussi Simone, ma marraine, qui a dû laisser son appartement pour aller vivre en résidence. Elle déménageait aujourd'hui, et c'est notre bon Clément qui a fait office de déménageur, sous les ordres de ses foremen, Guy et Ginette. Je lui souhaite encore longue vie, bien qu'à plus de 90 ans, elle a déjà pas mal rempli cette mission.
Et puis, il y a Normand, votre serviteur, qui a finalement emménagé dans son appartement de la rue St-Zotique, où je suis présentement seul occupant. Je reçois environ deux heures d'aide par jour, surtout pour le lever et le coucher, de même que pour les taches domestiques. Je  me lave seul, je fais mon curetage et mes cathétérismes seul, je prépare seul mes repas avec des ingrédients que j'achète moi-même, je fais ma lessive, je m'habille seul y compris les bas de compression. Un rêve, quoi!, pour ces dames qui voudraient bien un homme comme moi. Mais attention, ils sont livrables sans les jambes!
Tous les jours, je me rends en taxi à Lucie-Bruneau (non, ce n'est pas la fille de saint Bruno) pour y suivre mes thérapies. Mon ardeur et mon assiduité m'ont permis d'enfin passer mon permis de conduire. Il me reste encore à choisir et acheter un véhicule adapté pour prendre tout seul le volant. En aurais-je le courage? J'entreprendrai en janvier un programme nommé Parents+, dont il appert que je serai le premier grand-père à m'y inscrire. C'est un programme destiné aux parents handicapés ayant de jeunes bébés.
Je vous invite à venir me visiter au 2100 St-Zotique, juste en face de la caserne de pompiers. Mais prévenez-moi, car je suis volage. Catherine passe plusieurs soirées avec moi, malgré son agenda chargé. Si vous voulez vous joindre au party, vous êtes bienvenue.
Côté santé, ça continue de s'améliorer. Il me reste à vaincre mon embonpoint et l'oedème aux membres inférieurs, deux problèmes probablement reliés. J'ai commencé aujourd'hui à prendre un diurétique. On verra bien ce que cela va donner.
Salutations à mes amis marguilliers de Ste-Geneviève, qui mènent un combat pour faire respecter leurs droits et leurs engagements. C'est toujours difficile et un peu ingrat de s'opposer aux gens de soutane, qui pourtant se sont engagés pour les mêmes valeurs.
Salutations aussi à Gilbert Patenaude, qui fêtait la semaine dernière son trentième anniversaire à la barre musicale des Petits Chanteurs du Mont-Royal. J'étais partie de la fête, comme vous le verrez sur cette photo avec Ginette Fontaine, mon successeur à la présidence. Longue vie à tous!
Enfin, le spectacle gala de Lucie-Bruneau (mais non, mais non, ce n'est pas la soeur de saint Bruneau ni la fondatrice de la ville qui porte son nom, je vous l'ai déjà dit!, mais je vous parlerai un de ces jours de cette femme extraordinaire) a eu lieu le 25 novembre. Cette soirée s'est déroulée parfaitement et a permis d'amasser plus de 100 000 $ pour la Fondation. Merci à tous mes lecteurs qui ont participé financièrement ou par leur présence à cette belle réussite.


vendredi 7 novembre 2008

jeudi 6 novembre 2008

L'année zéro: bienvenue Joseph

Ce matin, le bonheur était palpable quand Catherine et Clément sont passés à Lucier-Bruneau en route vers la Cité de la Santé. Catherine était radieuse, selon tous ceux qui l'ont vue ce matin. Pourtant, la nuit avait été courte. Cette corroboration unanime me convainc qu'il y avait quelque chose de spécial, car moi je la trouve toujours radieuse. Par contre, il y a longtemps que je n'avais pas vu Clément flotter sur un nuage comme ce matin. Vienne le jour où ce sera son fils qui l'amènera encore plus haut dans les nuages. Caroline et Pierre Eloi étaient aussi aux aguets, eux qui ont déjà vécu l'expérience de l'entrée dans leur vie de leur fille Bones.
Quand au papa et à la maman, je ne leur ai pas beaucoup parlé, mais je sais qu'ils ont vécu ces moments magiques dans leur  intimité de couple, dans ce bonheur qui doit se vivre à deux une dernière fois, puisque désormais c'est à trois que se conjugueront les événements de leur vie.

Tout cela pour vous annoncer qu'il est arrivé, notre joueur de foot de 9 livres (4 kilos et des poussières pour le monde de l'autre côté de la mer), notre petit-fils, arrière-petit-fils de grand-mère Colette, qui porte seule le flambeau de sa génération, au nom des arrières-grands pères Normand et Richard, et de Marie, qui restera toujours "grand-mère Marie", comme elle se définissait elle-même. Grand-mère, je vois couler vos larmes de joie, j'entends les douces berceuses que vous avez chantées à vos enfants et que vous chantiez encore à nos enfants, je touche ces cheveux blancs comme neige mais chauds comme des cendres, je sais que vous respirez avec nous ces odeurs humides d'automne, et j'entends déjà en même temps que vous ces pleurs de bébé, ces premiers balbutiements qui, un jour prochain,  diront maman et papa... Tous nos sens sont en fête, y compris ce sixième sens redoutable que vous avez légué à "grand-mère Catherine".
Et les autres grands-parents, de l'autre côté de l'océan qui vient encore de rétrécir, écrivez-nous afin que nous partagions avec vous vos émotions. Il n'y a pas encore deux ans, alors que j'étais encore sur mes jambes, Albert, Gilda, Catherine et moi ont tour à tour souhaité cette progéniture. Ça ne s'est pas fait sans peine, avec quelques cahots sur la route, mais nous y sommes. "Tu enfanteras dans la douleur", mais aussi dans l'allégresse.

Et cette année verra bientôt un autre enfantement, celui d'une thèse de doctorat sur laquelle le papa bûche depuis des années. Tout seul dans son bureau (ou plutôt ses bureaux), en dehors des chemins battus, il faut beaucoup de détermination pour terminer ce travail de moine. Allez! Nicolas, un dernier effort!

Ici, à Lucie-Bruneau, loin des feuilles qui frémissent comme la Bourse, loin des saisons, loin des campagnes électorales, loin des bouchons de circulation, loin de chez moi, loin de ma famille, même un peu loin de Dieu, j'aurai vécu cette journée magique comme on vit un tour de magie, loin de la scène, le cou étiré, sans trop comprendre, mais émerveillé. Emerveillé de constater tout ce qu'il reste encore sur cette grande table qu'est la vie. Oui! oui!, la vita è bella.

Avez-vous remarqué que dans le mot vieillir, il y a le mot vie?

Merci mon Dieu, merci à vous tous qui m'avez supporté ou qui avez prié pour moi, merci à ce "grand corps malade" qui a passé à  travers  plus de misères qu'il ne s'en était commandé et qui m'a permis de vivre ces moments. Merci à cette vieille tête un peu bourrue, toujours contestataire, qui a su gérer sa nouvelle condition. Merci, maman, de m'avoir transmis cette vie qui continue de se transmettre. Merci, Catherine, de m'avoir choisi pour cette oeuvre grandiose. Merci Anne et Nicolas, mes enfants, et merci Joseph pour ces années de bonheur que tu me promets. 

P.S. si Clément a pu prendre quelques photos de ce prodige, nous les partagerons avec vous, chers blogueurs.