jeudi 28 août 2008

Papa, 20 ans déjà

Le 28 août 1988, notre petite famille perdait l'être le plus important de nos vies. Il est parti comme il avait vécu, tout doucement, avec sa tristesse et sa résignation pour seuls avertissements.
Papa, comme j'aurais voulu être au cimetière aujourd'hui pour te dire tout notre amour, pour te demander encore de nous aider. Va dire à tes enfants qu'ils doivent s'unir, s'aimer, s'aider comme tu as su si bien le faire. Et prie pour ta femme, qui t'aura survécu plus de 20 ans, mais qui a encore besoin de ta présence.
Mes frères et ma soeur, partageons ce deuil comme papa l'aurait souhaité, l'aurait exigé: dans la paix, l'amour et l'harmonie. Vous souvenez-vous que j'ai hérité, à titre d'aîné, du privilège de vous accorder la bénédiction paternelle. Ces dernières années n'ont pas été propices à cette tradition, mais aujourd'hui, j'ai reçu un ordre de papa: Au nom du Père, du Fils et du St-Esprit, je vous bénis...

mercredi 27 août 2008

Petit sejour a l'hopital

Ce message sera court, car je suis présentement alité, au retour d'un bref séjour de 2 jours à l'urgence de l'hopital St-Luc.
Dimanche en soirée, je me sentais le souffle court et on a vérifié que mon taux de saturation était trop bas. J'ai donc passé la nuit avec un support d'oxygène. Au matin, afin d'éliminer l'hypothèse de la pneumonie, on m'a envoyé passé un RX. Mais voilà que j'ai passé par le 911, qui m'ont "livré" à St-Luc, qui se sont livrés à une investigation complète. RX négatif, Doppler négatif, Apnée du sommeil non concluant, c'est finalement au scan nucléaire qu'on a décelé des embolies, peut-être des restes des phlébites de l'hiver dernier.
Retour au Coumadin pour au moins 6 mois, une semaine au repos, pas trop de visites d'ici la fin de semaine. On se reparlera d'ici là.

dimanche 24 août 2008

Image de Pictou


Tel que promis, la photo de Pictou, NS, où nous aurions dû nous rendre, simplement une image de la mer bien tranquille sur le détroit de Northumberland. Catherine et moi partons pour la semaine au bord de la mer au Nouveau Hampshire. Nous te souhaitons bon congé de nous cher Papa! À bientôt.

mercredi 20 août 2008

Message de ma Pitchounette

Avec sa permission, je reproduis ci-dessous le texte de la magnifique carte que Anne ma remise hier soir lors de notre petite célébration familiale. Si Clément a le temps avant son départ pour vacances, il joindra plus tard un scan de cette belle carte.

Cher Papa,

Le 19 août a un goût aigre-doux, ce qui lui donne une importance particulière: il est fait à la fois de joie et de douleur. Pourtant, même si l'on a parfois envie de croire ces dates diamétralement différentes, elles sont toutes deux une borne importante dans nos vies respectives et méritent, ne serait-ce qu'à ce titre, qu'on leur accorde chacune leur place propre dans notre album familial. En 2006, la fin de la journée sonnait le glas d'une fête des plus réussies dont on parle encore avec une grande émotion. Elle marquait aussi la fin d'une époque, tant du côté de Nicolas que du mien. En 2007, nous entamions, séparément de toi et follement inquiets, ce qui allait être un grand chemin de croix vers ta guérison et nous étions très loin du soulagement, mais néanmoins déjà conscients que notre vie allait subir une transformation radicale. Cette carte (Note de Normand: la carte sur laquelle ces mots sont écrits, magnifique, qui reproduit trois chaises de jardin alignées au bord de la mer, à Pictou) m'est tombée dans les mains un peu par hasard, mais elle représente en fait notre destination en ce 19 août 2007: Pictou. Il y a sur cette carte plus de soleil que le jour pluvieux de notre accident, et les deux chaises en bois (trois en fait mais seulement si l'on y regarde de plus près) ont l'air plus invitantes que notre pauvre Impala au toit défoncé et aux quatre fers en l'air. Si l'on veut y voir le signe de la renaissance ou de la sérénité revenue, peut-être est-ce possible.
Les anniversaires appellent aux rétrospectives. La fin de 2007 a été plutôt ardue, parfois carrément pénible. Les veilles à l'hôpital, les mauvaises nouvelles qui souvent les accompagnaient, une fatigue parfois au-delà des mots et quelques défections décevantes nous ont souvent meurtris. Pourtant, souvent, d'avoir la chance de passer un peu de temps avec toi nous apportait une certaine paix, un bonheur plus compliqué que celui auquel la vie nous avait jusqu'alors habitué, parce que fragile, temporaire et surprenant... mais tout bonheur est bon à prendre. Au-delà de tout cela, te savoir soutenu par notre présence et de pouvoir s'appuyer les uns sur les autres nous a apporté plus que nous ne le saurons jamais. Il est donc peut-être à propos de lever notre verre, à nouveau, à la vie, sous toutes ses formes, et à l'amour qui déplace les montagnes et fait vivre,
Il est aussi temps de regarder l'avenir. L'année 2008 t'a vu revenir à une certaine autonomie et, bien que la route soit encore longue, le chemin parcouru est immense. Si tout se passe comme le bon Dr. Chalaoui l'espère, tu seras grand-père et moi, maman. Il n'y a pas de mots pour t'exprimer le bonheur que je ressens à l'idée de te faire connaître cette grande réalisation commune. Tu as changé, certes, mais ta présence est toujours aussi précieuse, même si elle s'accompagne maintenant de nombreuses contraintes autrefois inconnues: elle reste ce qu'elle a toujours été pour nous, une chance inouïe de t'avoir comme père, conseiller, organisateur de voyages ou autres.

Affectueusement,
Anne XXX

Les enfants avaient aussi apporté un magnifique bouquet de roses à Catherine. La petite carte portait les mots suivants:

Chère maman,
Félicitations pour cette grosse année passée souvent dans la tourmente.
Affectueusement,
Anne, Nicolas, Bébé, Pierre Eloi et Caroline.

À Maman, Papa,
C'est déjà fait, l'année et les principales affaires vraiment toutes sont derrière nous!
Clément.

La soirée s'est terminée dans la joie, la musique et la bouffe, à ce joli restaurant où le niveau sonore était certes plus élevé que nous l'attendions, mais où les viandes étaient succulentes à souhait pour ce groupe de carnivores invétérés  dont la présidence échoit comme il se doit à Caroline. C'était un choix judicieux.

mardi 19 août 2008

Premier anniversaire - vivre après la survie

4 heures 15 du matin, dans ma petite chambre de Lucie-Bruneau

J'ai demandé à Gratienne, préposée au service de nuit, de m'apporter mon ordinateur. Je ne dors pas depuis deux heures, et je commence à appréhender la journée qui s'en vient. Je m'étais bien promis de vous écrire en cette journée. Autant m'y mettre maintenant, pendant que les émotions se bousculent. Faire place au meilleur de ce que j'ai vécu, évacuer les mauvais souvenirs (mon amnésie s'en est déjà chargé en partie) pour faire place à l'autre merveilleux anniversaire que nous vivons ce même jour, soit l'anniversaire de la noce de Anne et Nicolas, à laquelle nombre d'entre vous ont participé.

Il y a un an en effet, ma vie et celle de mes proches basculaient dans un fossé inhospitalier de la Nouvelle-Ecosse, mettant un frein brutal à ce qui promettait être une vacance  mémorable, toute la famille (ou presque) réunie comme dans le bon vieux temps. Vous savez ce qui s'en est suivi: tetraplégique C6/C7, un an à l'hôpital (et ce n'est pas fini), lutte contre la mort, puis contre la paralysie (est-ce si différent?), rééducation, déprime entrecoupée d'état de grâce, mais surtout de cette longue et inexorable marche vers la nouvelle réalité.

Te souviens-tu, maman, de ce poème noir que j'avais écrit vers l'âge de 18 ans, qui s'intitulait "La Marche du désespoir", et qui t'avait tant inquiété? Je t'avais rassurée en t'invitant à le lire jusqu'au bout, car il se terminait, si je me souviens bien, sur une sorte d'arc-en-ciel d'espoir. Au bout de la marche, il y avait l'espoir, la vie... Si je le retrouve dans mes papiers jaunis, je vais oser publier ici ce péché de jeunesse.

Car me voilà, 45 ans plus tard, à avoir entrepris cette marche. Pour la deuxième fois en fait, la première ayant été ma lune de miel avec Catherine, mon premier arc-en-ciel, mon grand, mon seul amour. 

La marche n'est pas facile, je vous le jure. C'est un sentier étroit, boueux, parsemé de cailloux et d'embûches encore plus grosses, hérissé de ronces mais parfois aussi jonché de fleurs, de petits fruits sauvages, de rayons de soleil qui percent l'ombre. Ils se font plus rares à mesure que je m'y enfonce, et je crains désormais la forêt, épaisse, sans boussole, sinon les miens. Personne ne peut savoir, qui ne l'a vécu, ce que ce chemin recèle d'angoisses, de douleur, de peine. Personne non plus ne peut savoir, et moi le dernier, combien cette passion n'aura affecté Catherine, mes enfants, mes proches. Ils ont tellement eu peur, tellement souffert, tellement donné. Je ne vois pas bien leurs cicatrices, mais elles sont là. Ce jour se doit d'être pour eux comme pour moi, l'arc-en-ciel, le mot TERRE!, la lumière au bout du tunnel.

Je ne suis pas très croyant, mais je souhaiterais tant l'être. Je pourrais mieux comprendre et mieux remercier ceux qui ont prié et qui prient encore pour moi. Surtout Catherine et sa bonne mère Marianne, mais aussi le bon petit saint Robert, mon curé si dévoué que je fêtais l'avant-veille de cette journée fatale. et l'abbé Claude Forêt, mon aumônier de l'IRM, les bons pères de Sainte-Croix, Patrick, Éric et tous les autres qui ajoutent leurs prières et leurs pensées à ce bouquet. Si mère Marianne et les autres saints sont venus nous sauver la vie, je suis sûr, Catherine mon amour, qu'ils sauront sauver notre survie. Continue de prier. Combien de païens ont été sauvés par la prière...

Anne, Nicolas mon fils, Junior que j'aurai le bonheur de connaître dans une dizaine de semaines s'il ne se présente pas en retard comme sa mère, et le chat Poutou, joyeux anniversaire! Vivez pleinement ce moment et ceux qui s'en viennent. Votre bonheur, c'est le mien. Et il sait si bien effacer les petites emmerdes.

Nous devions faire un voyage cet été; et bien nous serons au Brésil ce soir. Allumez la chandelle, que mes poumons guéris la souffle!

Normand, votre grand bébé d'un an.
 
P.S. J'entendais, par Brésil, un restaurant brésilien. Faut pas s'emballer quand même!

lundi 11 août 2008





Déjà le mois d'août, et bien engagé de surcroît. 
Je n'ai pas donné de nouvelles depuis deux semaines et je m'en excuse. Il y a eu plein de petites nouvelles sans grande importance mais qui ont pris du temps, me laissant peu d'espace pour vous écrire. Ce soir je m'y mets, ayant été rappelé à l'ordre par Ginette et Guy Talbot, deux piliers parmi mes fidèles lecteurs.
Disons d'abord que j'ai passé les 3 derniers weekends au Cap St-Jacques, où tout s'est bien passé, un peu sans histoire. Les travaux de la piscine sont pratiquement terminés, notamment l'installation d'un gazebo muni d'une douche. Si, au premier weekend, je me suis contenté de prendre une douche dans la nature, comme l'amant de Lady Chatterly, ce week-end ci, je me suis lancé à fond la caisse et je me suis baigné dans ma piscine toute rénovée. Nous n'avons pas encore reçu le lève-personne prévu pour l'entrée et la sortie, mais grâce à l'assistance de Clément et de Nicolas, j'ai pu utiliser ma chaise d'aisance pour y accéder. Ce fut toute une traite. 

Un peu plus tôt  la semaine dernière, mous sommes allés chez Plaza Chevrolet, pour remplacer l'Inpala détruite dans l'accident. Nous avons finalement opté pour une Cadillac CTS, la plus facile pour y glisser d'un fauteuil au siège. Elle nous sera livrée demain, bien à temps pour une petite équipée dans le Maine prévue pour la semaine du 24 août. Elle sera surtout utilisée par Catherine, car de non côté, je suis toujours à la recherche d'une petite van sera transformée pour me permettre de la conduire et d'y accéder.

Côté santé, le médecin revient de vacances cette semaine. Je lui demanderai de voir si mes problèmes de somnolence ne sont pas dûs à l"apnée du sommeil, comme le soupçonne Catherine, mon ange gardien qui continue de lire et de s'informer sur ma condition. J'aurai mon deuxième PII ce mercredi prochain; cette réunion de tous mes intervenants permettra de planifier les prochains mois de mon séjour à Lucie-Bruneau. Je m'attends à quelques mois encore d'ajustements avant de quitter le centre pour un appartement de transition. Retour à la maison toujours inconnu. Je vous ferai part du suivi lors de ma prochaine mise à jour.

Côté sport, j'ai fait de la voile à Pointe-Claire, où le vent n'était pas au rendez-vous, mais l'expérience m'a plu et je m'y reprendrai. Par contre, la semaine dernière, la journée de kayak a été anullée, encore la météo...

Mon nouveau fauteuil électrique arrivera fin août. Tout viendra à point à qui aura su attendre!
Le fauteuil manuel, lui, éprouvera encore ma patience jusqu'à une date inconnue.

À bientôt donc. Ne vous gênez pas pour écrire, commenter ces messages et les interventions des autres lecteurs.
Quelques photos . . .